Trois nouveaux gisements de pierres précieuses ont été découverts cette année.

Tous les gisements miniers découverts à Madagascar émanent des résultats de recherches effectués par l’équipe du Département Science de la Terre au sein de la Faculté des Sciences à l’Université d’Antananarivo. Cette année, « nous avons identifié trois nouveaux gisements ayant une forte potentialité de pierres précieuses », a annoncé Ralison Bruno, chef de Département de Géologie lors de l’atelier sur les gemmes suivi d’une vente-exposition qui se tient depuis hier à Ankatso. Un événement organisé dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de la Faculté des Sciences en partenariat avec l’Institut de Gemmologie de Madagascar et qui durera trois jours. « Et à part ces découvertes, du diamant et des émeraudes existent bel et bien à Madagascar », a-t-il confirmé.

De très haute qualité. Pour le diamant, la théorie expliquant que la présence de cette pierre précieuse est associée à l’existence des roches kimberlites n’est pas tout à fait valable dans la Grande île. « En effet, j’ai vu cinq fois des pierres de diamant auprès des petits exploitants aurifères travaillant sur des terrains alluvionnaires sur le fleuve de Manakara et dans la partie Sud de l’île à Toliara. Deux pierres ont été envoyées aux Etats-Unis en vue d’une analyse en laboratoire. Et les résultats indiquent qu’il s’agit d’une très haute qualité », a témoigné ce chercheur. Par contre, la prospection de ce diamant est un travail de longue haleine nécessitant un énorme investissement. Même l’Institut de Gemmologie de Madagascar affirme l’existence du diamant à Madagascar. « Le nombre des gemmes identifié au sein de notre laboratoire a connu une hausse atteignant en moyenne 60 pierres par mois contre 50 pierres par mois l’an dernier. Et on a toujours identifié et certifié un à deux diamants par mois, en moyenne », a évoqué Fanja Ravaoarimalala, responsable du laboratoire de l’IGM.

Nouveau gisement. Quant aux émeraudes, l’équipe du Département de la Science de la Terre vient de découvrir un gisement à Ianapera, près d’Ampanihy. « La prospection est également coûteuse car il s’agit plutôt d’un gemme de très petite taille ne pouvant être utilisé que pour la confection des bagues, mais ce produit minier a une couleur vive et de pure qualité comparé à l’émeraude qui existe à Mananjary et qui n’est pas encore épuisé », a souligné Ralison Bruno. Malgré cette richesse en matière de pierres précieuses, leur exploitation est en grande partie issue de l’informel. Les statistiques évoquées par le ministère des Mines, qui plus est, difficiles à obtenir, ne reflètent pas du tout les réalités, surtout quand on découvre les gemmes en provenance de Madagascar mis en vente sur le marché international.

Valorisation des gemmes. « Après nos recherches, il faut que ce secteur minier soit bien structuré pour éviter que ce soient uniquement les riches qui les exploitent sauvagement et ce, au détriment de l’économie nationale », a-t-il rajouté. Une valorisation de nos gemmes s’impose également avec la présence de l’IGM, entre autres, à part les actions de lutte contre l’informel et la ruée vers les gisements découverts. Le Département Science de la Terre profite de cet événement pour faire connaître au public les richesses minérales dont dispose le pays et leur origine ainsi que leur exploration jusqu’à leur valorisation. Il reste encore deux journées pour les découvrir.

Extrait Midi Madagasikara – Mercredi 20 juillet 2011