Un patrimoine, témoin de la période coloniale est en train de tomber en ruine. Sa restauration nécessite une collaboration avec la France.

L’ambassadeur de France, Jean-Marc Chataigner, a profité de son séjour à Mahajanga pour visiter également la maison Eiffel située à Mangarivotra, lundi 4 juillet.

Actuellement, cet édifice est dans un état de délabrement, selon le constat même des visiteurs. L’Association des amis du patrimoine de la maison Eiffel (AAPME) a, dès lors, remis à l’ambassadeur un document destiné à l’étude du financement des travaux de réhabilitation, évalués à 300 000 euros.

Afin d’affiner ce budget, un architecte spécialiste des monuments historiques de France passera à Mahajanga d’ici la fin de l’année pour faire un premier diagnostic de l’état du bâtiment. Un muséologue viendra ensuite pour superviser la restauration de la maison.

La maison Eiffel, construite en 1898, est un patrimoine de valeur à protéger et à préserver, ne serait-ce que pour son architecture française. Elle servait de lieu de relaxation et de détente aux officiers et soldats artilleurs de la troupe coloniale.

Ce monument historique fut réalisé par d’ingénieurs illustres français en s’inspirant des chefs-d’œuvre de Gustave Eiffel, 11 ans après la grande exposition universelle de Paris de 1889.

L’attribution du nom d’Eiffel au bâtiment constitue un autre atout, car elle témoigne de l’existence d’un lien historique entre Madagascar et la France.

Fraîcheur

Par l’utilisation du fer provenant des forges de Hautmont et des mines Danly en France, on a peut estimer que la maison Eiffel est un patrimoine architectural de valeur mondiale.

Au moment de l’accession à l’Indépendance, la maison était la résidence de fonction attribuée à des officiers de commandement. Actuellement, trois familles de militaires malgaches y sont logées. Elles devront libérer l’endroit lorsque la restauration sera initiée.

Le domaine est aussi un lieu privilégié pour la promenade du public, avec les baobabs et les manguiers offrant de la fraîcheur et de l’ombre aux visiteurs, surtout pendant la période de fortes canicules.

Outre la remise en l’état originel de ce patrimoine majungais, l’AAPME espère la mise en place de musées et d’espaces culturels, dont le musée Akiba, un musée militaire, le siège de l’Office régional du tourisme du Boeny (ORTB) ainsi qu’un centre de promotion de l’artisanat.

Extrait l’Express de Madagascar – Lundi 11 juillet 2011