7 juillet 1911: premier survol aérien de la capitale malgache. 4 décembre 1926: premier amerrissage d’un hydravion à Mahajanga et à Antananarivo, plus exactement sur le lac de Mandroseza. Entre la fin de la Première guerre mondiale et 1926, rien ne se passe ou presque.

À la suite d’une mission d’études dans la Grande île, le lieutenant de vaisseau Boilailloir propose la création d’une ligne aérienne entre la Grande île et l’Afrique du Sud. Mais cela paraît trop hasardeux à l’époque et surtout, cela coûte trop cher. Une fois de plus, il faut attendre. Puis les touristes aériens sont de plus en plus nombreux.

En 1927, pendant son séjour à Madagascar, le commandant Dagnaux jette les bases de la première formation militaire aérienne de l’île, qui est définitivement installée en 1931. Le terrain d’Ivato, à 15 km de la capitale, va devenir le premier aérodrome « installé » et le centre d’attache de tout réseau intérieur.

Ivato est acheté par le gouvernement général pour la somme de 75 000 francs. 9 millions sont consacrés à l’aménagement et à la reconnaissance des futures lignes aériennes du Territoire.

En 1931, après le premier voyage de Lefèvre, le mouvement aéronautique reprend son élan définitif. C’est avec deux « Potez 36 » à moteur Renault de 95 CV que Lefèvre et Desmazières décollent du Bourget en mars. Après une traversée sans histoire et sans records, ils arrivent à Madagascar où pendant plusieurs mois, ils s’emploient à une campagne inlassable en faveur de l’aviation coloniale. Baptêmes de l’air, liaisons multiples à travers l’île réussissent à impressionner le public. À leur départ, un aéroclub local est fondé, qui s’empresse de commander un avion en France.

Lefèvre qui tient à son idée, veut faire une démonstration dont l’audace surprend jusqu’à maintenant. Parti le 3 décembre de Paris à bord d’un « Mauboussin » à moteur Salmson de 40 CV, sans radio, il parvient en douze jours à Antananarivo par le Caire, Assouan, Mombassa, Dar-es-Salam. C’est un succès et un argument-massue pour l’aviation économique. Aller et retour, le voyage ne coûte que 11 000 francs en huile et en essence.

Désormais, l’aviation malgache, encouragée par le gouverneur général Cayla qui passe lui-même en 1935 son brevet de pilote- Lefèvre est son instructeur- prend un essor qui ne s’arrêtera que pendant la guerre, pour repartir de plus belle dès 1946.

Léon Cayla entreprend de nombreuses tournées aériennes dans l’île, soit à bord de son « Caudron » personnel, soit au poste de pilotage d’un « Potez » militaire. En avril 1935, à la tête de 5 avions militaires, il réalise pour la première fois un périple complet autour de l’île, parcourant 4 200 km en 28 heures de vol effectif.

Sous l’impulsion du gouverneur général Cayla et à l’exemple d’Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Toliara et Fianarantsoa ont bientôt leurs aéroclubs qui commandent des appareils en France et forment de jeunes pilotes. Au cours d’une mission à Paris, le gouverneur général dresse et fait admettre les plans d’un tronçon de ligne aérienne, Antananarivo/Broken-Hill en Rhodésie du Nord, rejoignant à cet endroit la ligne britannique Imperial Airways.

D’ailleurs dès 1934, la première liaison commerciale aérienne Tana-Paris est créée. Un peu plus tard, la ligne malgache est prolongée jusqu’à Elizabethville (Congo belge) où elle rejoint le réseau français de la régie Air Afrique et la Sabena belge.

La « Régie malgache » est réduite à sa plus simple expression: 2 appareils SPCA trimoteurs loués à la Colonie par le ministre de l’Air pour la somme modique de… 1 franc par an. Après de bons et loyaux services, ils sont remplacés par deux « Bloch » trimoteurs pouvant atteindre 250 km à l’heure et transporter 5 passagers et 500 kg de fret.

Extrait l’Express de Madagascar – Samedi 09 juillet 2011