La politique pour combattre les feux de brousse reste sommaire. Ainsi les États-Unis interpellent les responsables.

Les points d’incendie provoquant les feux de brousse et de forêt recouvraient, mercredi, les deux tiers de la Grande île, selon le système d’alerte aux feux, un projet de collaboration entre Conservation International, le ministère de l’Environnement et des Forêts ainsi que l’Agence de développement du gouvernement des États-Unis (USAID). Face à cette situation, le chargé d’Affaires de l’ambassade des États-Unis, Eric Stromayer, critique la gestion de ces incendies. « L’autorité doit avoir une politique claire et efficace afin de lutter contre les feux de brousse. En effet ceux-ci menacent chaque jour les aires protégées comme celle de Ranomafana », a-t-il indiqué, hier, lors de l’inauguration du centre de presse malgache à Antsakaviro.

Manque de moyens

Le représentant résident du WWF à Madagascar, Richard Hughes, pointe du doigt l’insuffisance de ressources pour gérer ce fléau. « Le gouvernement manque cruellement de ressources aujourd’hui, et sur le plan professionnel, il n’y a aucune capacité », explique-t-il. Joint par téléphone, un responsable au niveau de la direction générale des Forêts qui veut rester anonyme, relate cette faiblesse face à la gestion des feux de brousse au niveau du ministère de l’Environnement et des Forêts. « Nous n’avons pas encore entrepris d’action sur le terrain. Nous commençons à nous réunir pour faire un état des lieux et planifier les actions », confie ce responsable. Pourtant on est actuellement au début de la saison des feux de brousse, c’est-à-dire la période pour préparer le pâturage et la culture sur brûlis. La situation va alors empirer dans les régions où l’élevage de zébu occupe une place importante et dans d’autres où les gens vivent de la culture sur brûlis. D’autant plus que la solution pour les combattre est un travail de longue haleine. « La lutte représente tout un exercice, de la sensibilisation de la population locale au renforcement de la politique ainsi que la loi déjà existante et notamment un grand projet socio-économique », conclut Richard Hughes.

Extrait l’Express de MAdagascar – Vendredi 01 juillet 2011