L’électricité devient difficile d’accès pour les ménages en milieu rural. Le taux de réalisation de nouveaux branchements reste faible.

Le taux d’accès à l’électrification en milieu rural a connu une réduction durant les deux dernières années, passant de plus de 7 % en 2009 à 4,07 % en 2010. L’inadéquation du nombre de nouveaux branchements par rapport à la création de nouveaux ménages en est la première explication. Par ailleurs, le faible pouvoir d’achat des abonnés favorise la suspension des branchements déjà installés. « Nous sommes confrontés à des problèmes de paiement. Les abonnés rencontrent des problèmes financiers et procèdent souvent au paiement en nature, par exemple en nous donnant leurs volailles », témoigne Haja, opérateur intervenant dans le milieu.

Abandon des opérateurs

Les populations se concentrent davantage sur les besoins primaires. « Selon les statisques, 15 000 foyers se créent chaque année dans tout Madagascar, en plus des demandes non encore honorées. Or, les branchements réalisés dans le cadre de l’électrification rurale, y compris la Jirama en milieu rural, sont au nombre de 9962 en 2010 », avance Hary Andriantavy, secrétaire exécutif de l’Agence pour le Développement de l’Électrification Rurale (ADER).

« Cette situation démontre l’écart entre ces deux paramètres », précise-t-il.

Parallèlement, la défaillance s’accentue chez les opérateurs. Sur une vingtaine de sociétés, 10% sont déclarées défaillantes, c’est-à-dire, ont déserté les lieux ou donnent des services de qualité médiocre. Le nombre de fournisseurs en énergie électrique est en baisse, certaines se faisant absorber par d’autres. Les fournisseurs œuvrant dans le thermique sont les plus confrontés aux difficultés, du fait du coût élevé de l’énergie lié à celui de la production, la vulgarisation des énergies renouvelables étant bloquées par l’insuffisance de moyens financiers.

Extrait l’Express de Madagascar – Vendredi 01 juillet 2011