Les différents indicatifs le montrent et toutes les statistiques le prouvent. La pauvreté s’est accentuée depuis le début de la crise politique 2009. Et les enfants figurent parmi les plus touchés.

La pauvreté, c’est vivre sous le seuil de 234 dollars par personne par an, soit avec un peu moins de 20 dollars par mois. Cela représente moins de 40 000 Ariary par mois. En cette période de crise, cette pauvreté s’accentue, et le pouvoir d’achat s’effrite de jour en jour. Plusieurs couches sociales voient ainsi leur train de vie s’empirer à travers les mois, et se voient obligés de se défaire de ce qui est « secondaire » dans leurs dépenses. Les besoins primaires, soit l’alimentation et un toit, restent les priorités des ménages. Par conséquent, les enfants se trouvent au front et sont directement affectés par cette érosion du pouvoir d’achat. Selon une étude menée par l’Unicef, 8 enfants sur 10 , âgés de 0 à 14 ans, sont directement touchés par la crise, et rencontrent des difficultés d’accès aux services sociaux de base, tels que la santé, l’éducation et toutes les protections sociales.

Santé. Outre l’accès à l’éducation, les enfants souffrent également de la malnutrition. D’ailleurs, beaucoup d’enfants ont été contraints à l’abandon scolaire, les parents n’étant plus en mesure de payer les dépenses liées à la scolarité de leurs enfants, mais en plus, dans les familles très défavorisées en milieu urbain, et dans certaines régions chroniquement touchées par l’insuffisance alimentaire, les enfants souffrent de carence et de malnutrition et ne peuvent plus rejoindre leurs classes. Une enquête nutritionnelle a ainsi été menée au mois de mars dans 3 districts de la région Atsimo Andrefana, et fait état d’un taux de malnutrition aiguë de 7,4% si ce taux a été de 4,7% en 2007. De plus, la réduction, voire la suspension des humanitaires a affecté le budget alloué à la santé publique. Ainsi, les centres de santé accusent un manque du personnel tandis que 214 centres de santé ont fermé leur portes au mois de janvier, empêchant plusieurs milliers de personnes à avoir accès à la santé.

Ces situations sont alarmantes, car avec la crise qui perdure, les populations locales demeurent les premières victimes.

EXtrait Midi Madagasikara – Jeudi 30 juin 2011