Les traditions reviennent au goût du jour en matière de circoncision et malgré la crise, les populations, notamment rurales maintiennent autant que possible les « fomba » qui entourent ce passage des enfants du statut de garçonnet à celui de véritable mâle.

C’est la saison. L’opération de petite chirurgie la plus courante en cette période de l’année est, sans doute, la circoncision. Dès les premières semaines du mois de juin, les médecins commencent à être sollicités pour des opérations de circoncision. Mais un nombre de plus en plus croissant de parents sont confrontés à des problèmes de moyens financiers, expliquant les ruées vers les circoncisions de masse proposées par les associations en tous genres et autres organisations caritatives. Pour faire circoncire un petit garçon, en effet, les parents devront débourser un minimum de Ar 20 000 à Ar 25 000, voire, jusqu’à Ar 50 000 pour l’opération chez un médecin. S’y ajoutent les jouets et les friandises à offrir au petit garçon nouvellement circoncis et quelques autres dépenses liées à la réjouissance de la famille. Bref, une circoncision nécessite un minimum de dépenses financières, quand bien même les familles prévoient de moins en moins de grandes fêtes à cette occasion. Aussi préfèrent-elles choisir les circoncisions de masse où l’opération est gratuite et les enfants, recevant, généralement des jouets après l’opération.

Traditions. Si dans les grandes agglomérations urbaines, les familles s’adressent de plus en plus aux médecins pour la circoncision, le recours aux services des « rain-jaza » et les coutumes qui s’en accompagnent, demeurent fortement ancrés en milieu rural et ce, dans diverses régions de Madagascar. Les personnels de santé sensibilisent alors les populations quant à la nécessité de veiller au respect des règles d’hygiène afin d’éviter les infections, dont notamment le tétanos et le VIH/sida.

Faisant partie des us et coutumes qui signent le passage des petits garçons de l’état de garçonnet au statut de véritable mâle, la cérémonie traditionnelle de la circoncision comporte une série de rites, souvent spécifiques à chaque région et ethnie, avec sans doute l’eau comme principal élément commun. Avec la crise socio-économique actuelle, cependant, ces grandes réjouissances qui entourent la circoncision tendent à se raréfier. L’on assiste, toutefois, à une volonté de garder l’essentiel des coutumes qu’elle représente – malgré les difficultés financières que subissent de plein fouet, justement, les populations rurales – en maintenant les interventions des « rain-jaza », les veillées sur des airs de chants et de musique traditionnels, ainsi que les repas partagés entre toute la grande famille.

Extrait Midi Madagasikara – Jeudi 30 juin 2011