Pourquoi les vrais commanditaires des trafics de bois de rose ne sont-ils jamais révélés ? La réponse pourrait se trouver dans l’enjeu financier de ce trafic qui a pris une proportion extrêmement importante durant la transition où faute de financements internationaux,  les dirigeants sont en quête d’argent liquide avec d’autres moyens.

En effet, d’après le rapport de Global Witness, l’enjeu financier du trafic de bois de rose représente 800.000 USD de recettes par jour. Le rapport indique notamment : « D’après les observations effectuées sur terrain dans le Parc National de Masoala et des informations fiables sur des activités illicites similaires dans les réserves de la biosphère de Mananara, l’équipe d’enquête estime que 100 à 200 arbres de bois de rose sont abattus et transportés quotidiennement (estimation prudente). Cela revient à une moyenne de 200 m3 de bois de rose illicitement exploités par jour, remplissant environ 7 containers de 30 tonnes par jour. Le prix actuel du bois de rose en Chine étant d’environ de 3 à 4000 USD, un container représente une valeur d’environ 130.000 USD ; le bois de rose exploité illégalement quotidiennement représente ainsi une valeur marchande d’environ 800.000 USD.
Global Witness est convaincu de la complicité des autorités administratives et judiciaires dans ce trafic à l’échelon national. « L’équipe de Global Witness/EIA a observé une activité de transport de bois de rose soutenue en plein jour, sur des sections de routes surveillées par des postes de la gendarmerie tant au Sud qu’au Nord de la ville d’Antalaha. Cela indique à tout le moins, une sérieuse négligence de la part des autorités chargées de l’application de la loi, sinon une complicité active avec les trafiquants de bois illicites ». En tout cas, l’affirmation de la ministre de la Justice selon laquelle, elle n’a pas encore les noms des grands trafiquants, confirme ce soupçon de Global Witness, il y a quelque part au niveau de différentes instances du pouvoir de facto, une complicité active avec les trafiquants de bois de rose.
Extrait Midi Madagasikara – Mardi 28 jun 2011