Des reptiles et batraciens menacés d’extinction ont été découverts dans les bagages d’un passager. Il s’envolait pour Bangkok.

Coup de filet des douaniers et de la police aux frontières à l’aéroport international d’Ivato. Hier après-midi, aux alentours de 16 heures, un trafic de reptiles et de batraciens endémiques de Madagascar a été débusqué in extremis. Au total, 557 animaux protégés par l’annexe II de la Convention internationale de la faune et flore menacées d’extinction (Cites) ont été interceptés. Ils étaient 467 caméléons, 23 lézards et 58 grenouilles. Par ailleurs, cinq caméléons et quatre lézards morts ont été découverts.

Un ressortissant malgache d’une quarantaine d’années était en train de faire passer en contrebande ces espèces menacées lorsque son trafic a été porté au grand jour. Il allait embarquer sur le vol pour Bangkok d’hier après-midi.

Œufs de caméléon

Deux valises, appartenant au trafiquant, étaient en passe d’être envoyées en soute lorsque la police aux frontières a relevé des faits suspects. L’exportation illicite a été démasquée après que les bagages aient été passés au scanner.

D’emblée, les douaniers ont décidé de les mettre sur le banc de fouille. En les ouvrant en présence du propriétaire, ils ont mis la main sur une quinzaine de paniers d’osier dans lesquels avaient été dissimulées des dizaines de pochettes. Celles-ci abritaient soigneusement les reptiles et les batraciens. D’autres avaient été placés dans cinq bouteilles en plastique, avec quelques feuillages à l’intérieur. Trois boîtes contenant des œufs de caméléon ont également été retrouvées.

Après ce coup de théâtre, le suspect a raté son avion. Il a été conduit au bureau de la police des douanes où les animaux ont été comptés un à un.

De source émanant du service des Eaux et forêts de l’aéroport international d’Ivato, ces animaux seront relâchés sitôt les procédures réglées. Ils pourront être accueillis dans des réserves naturelles ou des parcs gérés par des opérateurs agréés.

Le quadragénaire qui a tenté d’expédier en Chine ces animaux endémiques de la Grande île encourt, quant à lui, des amendes pour fraude douanière, outre des poursuites pénales. Les autorités de l’aéroport entendent le livrer à la justice après son audition. Selon les explications du service des Eaux et forêts, certains de ces animaux interceptés sont interdits à l’exportation. En revanche, d’autres peuvent sortir du territoire malgache sur autorisation.

Gardés par l’État

Si les animaux interceptés sont relâchés dans la nature, les lingots d’or placés en saisine douanière sont en principe gardés dans un coffre-fort à la Banque centrale. L’argent en liquide saisi est confisqué par le trésor et les bijoux ainsi que les pierres précieuses par le ministère de l’Énergie et des mines. Du moins en théorie, car en attendant le fameux comptoir de l’or d’Albert Zafy, le mystère reste entier sur le destin des lingots saisis.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 17 mai 2011