Si le varanga est le plus connu de nos mets traditionnels, le romazava n’est pas en reste. Mets signature, ce dernier suscite bien des curiosités.

Le « romazava » n’est pas une nouveauté. Son appellation relève de la tradition selon les spécialistes, car l’oralité en évoquait déjà l’existence depuis la royauté. De plus, malgré les différentes dénomination, la méthode de cuisson est la même. Le « romazava » est bel et bien un mets national, au zébu et au poulet sur les hautes terres et au fruits de mer pour les régions côtières. Chose étonnante, le dictionnaire de l’Académie Malagasy sorti en 2005, l’a omis dans ses définitions.

Il y a les « ro mangazafy » et bien d’autres, mais point de romazava. Faute de mieux, Hanitriniaina Razanarisoa, académicienne chercheuse, en esquisse une définition à main levée. « Le terme mazava ne devrait pas être pris au pied de la lettre. Il évoquerait les vertus de ce plat et non sa physionomie ».

Le mets-signature

Le « romazava » débouche alors sur plusieurs points de vue. Le chef Arison de l’hôtel Palissandre le traduit de la façon la plus simple.

« Le ro mazava signifie bouillon clair car il était ainsi à l’origine ». Le chef Antonio, du Café Charly au Carlton, parle d’un label. « Comme les Chinois ont la soupe ou les allemands la choucroute, les malgaches ont le romazava. Ce mets permet de nous faire reconnaître ailleurs ».

Pour lui, le romazava est un dérivé du ro matsatso, la recette originelle. Même les grands de ce monde ont eu quelques affinités avec le « romazava ». On est loin de penser que sa réputation a largement dépassé nos frontières. Un Malgache privilégié, lors d’un séjour à Mayotte raconte son aventure en 2000.

« Je séjournais dans le même hôtel que Lucky Dube, la star sud africaine du reggae. Un jour, j’ai pris mon repas dans la même salle que lui. Quand il a entendu et su que j’étais Malgache, il s’est approché et m’a invité à sa table. Là, il m’a montré son plat, c’était du romazava. Il ne cessait de dire que c’était succulent ».

Extrait l’Express de Madagascar – Samedi 14 mai 2011