La pauvreté, voire la misère affecte de nombreux ménages urbains. Les données du rapport sur l’urbanisation de la Banque mondiale le montrent : « Si les ménages urbains gagnent plus, consomment davantage et sont moins pauvres que ceux dans les campagnes, leur fragilité financière demeure puisque 4 ménages sur 10 à Antananarivo et Toliara touchent moins de 100 000 Ariary par mois (soit l’équivalent de 50 US$). Il n’y a qu’un ménage sur 5 qui déclare gagner plus de 300 000 Ariary par mois (150 US$).

En outre, le revenu de presque la moitié des ménages dépend de leurs ventes ou prestations, ce qui souligne leur vulnérabilité ». Celle-ci est essentiellement marquée par la montée en puissance de l’informel, le principal système de survie en période de crise. Si la quasi-totalité des secteurs a sombré au plus fort moment des violences politiques en 2009, l’informel et l’agriculture ont sorti leur épingle du jeu.

Ils ont enregistré un taux de croissance positif. Mais la montée de l’informel est synonyme de vulnérabilité et de précarité. Ce n’est donc pas étonnant si 50% des ménages urbains doivent compter sur une rentrée de revenus aléatoire. Mais l’informel n’est pas un phénomène uniquement inhérent aux périodes de crise. Il est toujours présent dans les centres urbains sauf que pendant les crises, il connaît un rebond important. Sa croissance est estimée à 11% en 2009.

Dans son rapport donc, la Banque mondiale évoque la pression démographique pour expliquer l’augmentation du nombre absolu des pauvres en milieu urbain : « En 2001, il était estimé que 2,4 millions de personnes vivaient au-dessous du seuil de pauvreté dans les centres urbains, alors que ce nombre aurait dépassé 3,5 millions en 2009. Cette forte augmentation n’est pas sans poser des problèmes sur les services publics et les conditions de vie dans les villes malgaches, notamment l’habitat et l’hygiène ».

Extrait La Gazette de la Grande Île – Lundi 09 Mai 2011