Madagascar regorge de volontaires étrangers, au nombre de 200 à 250. Ils sont généralement Français, Américains ou Japonais. Mais ils peuvent aussi être de nationalité différente. Les rencontres des Volontariats internationaux d’échange et de solidarité (VIES) des 14 et 15 avril ont été pour une trentaine de ces « bénévoles » une occasion de comparer leurs expériences et vécus respectifs dans leurs lieux d’affectation.

Que ce soit pour une première expérience à la sortie d’études secondaires, ou pour se sentir « utiles » une fois à la retraite, les volontaires sont de tous âges et de toutes origines. Qu’ils agissent pour le compte de France volontaires (Association française des volontaires du progrès – AFVP), des Peace Corps, de la Japanese international cooperation (JICA) ou les volontaires des Nations unies, leur objectif est le même : apporter leurs connaissances, mais aussi mieux connaître la culture malgache afin d’aider des populations en attente d’un avenir meilleur. « Avec conviction mais sans prétention », soulignent-ils unanimement. Tous viennent dans le but d’apporter leur aide avec une approche très locale des différentes situations. En ville ou en province, ils interviennent sur des projets qui touchent des groupes d’individus relativement élevés, et les domaines sont très divers : éducation, santé, social, agriculture, culture, infrastructures, arts, et bien d’autres encore. L’intérêt de l’autre et sa culture, l’envie d’aider et de partager sont des valeurs qui définissent plus le « volontaire-type ». La perspective de gain pécuniaire n’est pas la motivation des volontaires. Leur budget est plus serré.

Durée variable
A France Volontaires, les contrats proposés sont en général de deux ans, renouvelables un an. « Après s’être bien intégrés pendant les deux premières années, l’année supplémentaire proposée permet réellement aux volontaires de profiter des liens créés et de continuer un travail pertinent », précise Béatrice Christiny, représentante nationale de Madagascar AFVP. Néanmoins, la durée des contrats diffère selon les organismes. Certaines missions peuvent durer quatre ans voire cinq. Pour une minorité, cela peut même représenter presque une carrière sur le même projet, dans le même pays. L’intégration peut s’avérer parfois complexe. Le défaut de connaissance de la langue est souvent perçu par les volontaires comme un facteur d’exclusion. Pour pallier ce problème, Peace Corps et la JICA ont mis en place un système très efficace d’apprentissage de la langue malgache avant d’envoyer les bénévoles sur le terrain.

L’espace volontariats
L’un des objectifs des journées des volontaires était de faire connaître à tous cet espace qui a pour but de mettre en réseau tous les volontaires de l’Île. Béatrice Christiny, représentante nationale de Madagascar AFVP, Tanina Baudrand, animatirce de l’espace volontariats, et Christian Jolu, représentant régional AFVP pour l’Afrique Australe et l’océan Indien, présentaient l’espace et sa fonction qui devrait prendre place au sein de l’Institut français de Madagascar en octobre. Il s’est installé provisoirement à la Kaze Ambatoroka, lieu d’hébergement de volontaires.

Deux jours de réflexion
Les deux jours de rencontre se sont organisés sous forme de séquences de travail. Le jeudi 14 avril, France Volontaires présentait le nouvel espace volontariats en répondant aux différentes questions de l’auditoire. L’après midi, les volontaires étaient invités à réfléchir sur différentes situations à risques concernant la santé et la sécurité, sous l’écoute attentive de Frédéric Puig, intervenant de l’ambassade de France travaillant sur ces questions. Le jour suivant, Bako Rasoarifetra, maître de conférences à l’université d’Antananarivo, Jean-Hervé Fraslin, délégué d’association internationale du Crédit agricole rural, et deux membres des éclaireuses unionistes sont intervenus sur la question culturelle qui englobe l’inter culturalisme et le multiculturalisme. Le problème de la langue a ainsi dominé le débat. La réunion s’est conclue sur une note plus artistique avec la venue de Tilahy, secrétaire général de Madagaslam et Virginie Lavenant, coordinatrice de l’association Aléa des possibles. Les volontaires étaient chargés de mettre en scène et en vers le bilan de ces deux journées dans une ambiance détendue.

Au service de jeunes délinquants
Hélène et David Muller de l’association Grandir Dignement, formant un jeune couple, éducateurs de formation tous les deux, travaillent dans les centres pénitentiaires pour mineurs. "Nous essayons d’apporter à ces jeunes quelques moments de joie, la plupart ayant connu de grandes souffrances, et aussi une sorte de rééducation. Nous proposons alors diverses activités, ateliers artistiques, ateliers professionnels de maçonnerie, création d’un potager, sports etc. En incorporant à ce programme le respect des Droits de l’Enfant".

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 04 mai 2011