Les études de la voie ferrée Fianarantsoa-côte Est (FCE) commencent le 5 octobre 1920 avec le début des travaux de la Commission spécialisée dans cette mission. Les trois membres- les administrateurs Compagnon et Billot et l’ingénieur Hugues- s’adjoignent le capitaine de frégate Le Bègue, dont l’avis paraît déterminant dans l’abandon de Mananjary comme débouché du chemin de fer.
En effet, il préconise d’abord un point jusqu’alors négligé, le lac de Marohita situé entre Manakara et Mananjary et qui, séparé de la mer par 180m de dune, présente des fonds susceptibles d’être utilisés pour un port en eau profonde. Toutefois, un banc rocheux très dense se trouve sous la dune et les travaux considérables qu’il aurait fallu exécuter pour le percer, font renoncer à ce choix. La Commission conclut à l’adoption de Manakara comme terminus de la ligne du Betsileo, écartant définitivement Mananjary, l’embouchure du Faraony et la baie de Mahela au nord de Mananjary, dont il a aussi été question un moment.

Le choix de Manakara s’explique par le fait que cette ville se trouve dans l’axe économique et géographique des régions dépendant du Betsileo- pays tanala, anciennes provinces de Mananjary, de Manakara et de Farafangana-. La zone d’influence du chemin de fer à construire ne risque pas d’empiéter sur les régions desservie par le Tananarive-côte Est (vers Toamasina). De plus, le tracé par Manakara réduit de 41km le trajet de Fianarantsoa à la côte et l’économie qui en résulte, représente sensiblement les dépenses à envisager pour la construction du port de Manakara. Ainsi, l’exploitation permet de réaliser une économie sur les transports et réduit de ce fait les charges qui pèsent sur les produits à la descente.

En outre, le profil du tracé passant par Manakara est moins tourmenté que celui qu’il aurait fallu adopter pour aboutir à Mananjary : il nécessite une dépense moindre à la fois pour le coût de construction et pour celui d’exploitation, d’où économie dont bénéficieront les usagers. La création d’un port à Manakara sera également moins onéreux qu’à Mananjary.
Enfin, les facilités qu’y offrira le débarquement du matériel nécessaire au chemin de fer, la fixité des sables, la présence d’un seuil rocheux abritant l’estuaire et d’autres considérations techniques militent en faveur du choix de Manakara. De surcroît, Mananjary est déjà une petite ville prospère et une colonisation importante et ancienne met en valeur la vallée du Mananjary et de ses affluents.
La Commission dépose son rapport le 7 novembre 1921. Le directeur des Travaux publics Girod le transmet au gouverneur général Hubert Garbit le commentant en ces termes: « Cette étude qui fait ressortir nettement les raisons d’ordre technique, d’ordre économique et d’intérêt général qui ont amené la Commission à se prononcer en faveur du port de Manakara, est suffisamment claire pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y ajouter de commentaires ».

Extrait l’Express de Madagascar – Vendredi 22 avril 2011