A Soalala, la population se soucie plutôt des questions sociales que des questions environnementales dans les zones sensibles des sites miniers. Les habitants n’ont pas hésité à adresser directement leurs doléances, au directeur général de Wisco, la société chinoise qui se chargera de l’exploitation du gisement de fer, lors de la réalisation de l’étude d’impact environnemental sur place.
« Nous sommes frustrés, car chaque jour, nous entendons à la radio et voyons à la télé qu’on construit un peu partout beaucoup d’infrastructures aux normes dans le pays, sauf à Soalala. Pourtant, nous en avons le droit avec le futur projet Wisco », ont-ils clamé.
Les revendications ne sont autres que celles qu’ils ont déjà adressées, il y a un an, aux quatre ministres, à savoir Mamy Ratovomalala et Hajo Andrianainarivelo, Nirhy Lanto Andriamahazo et Fihenena Richard.

Il s’agit, en fait, des réhabilitations de la résidence du chef de district de Soalala et de la route qui relie les communes de Katsepy et de Soalala. Et surtout, et non la moindre, l’adduction d’eau potable en permanence, car la fin de la saison sèche signifie « la galère aux puits », selon une mère de famille.
« De juin à octobre, après un puisage de 5 à 6 seaux de 15 litres au petit matin, le puits se tarit, et il faut attendre des heures pour que l’eau retrouve un niveau acceptable », a expliqué un jeune homme.
L’adjointe du chef de fokontany de Soalala a imploré le DG de Wisco de réhabiliter la résidence du chef de district, car d’après elle « c’est la raison principale qui fait fuir tous les administrateurs affectés à ce poste de Soalala ». En effet, depuis le départ du dernier chef de district, les successeurs ont refusé de rejoindre le poste.

Enclavement
Un senior a ajouté que « la résidence est devenue l’abri des zébus et des chèvres ». Notons que le nouveau chef de district, Célestin Razafindrazaka, mis en place officiellement le dimanche
10 avril, a aménagé une chambre de fortune dans cette ruine de la résidence du district de Soalala, ne trouvant aucun autre endroit où se loger provisoirement.
Quant à la route, elle est totalement impraticable au début du mois de décembre jusqu’à la fin du mois d’avril.

Par ailleurs, le médecin-chef de l’hôpital de Soalala, fait aussi face à de graves problèmes, quand il s’agit d’une évacuation sanitaire urgente à Mahajanga.
De même, la brigade de la gendarmerie et le commissariat de police ont du mal à exécuter un mandat judiciaire vers le tribunal de Mahajanga à l’occasion de défèrement. Si un bateau accoste à Soalala, il faut débourser
30 000 à 35 000 ariary par personne pour le voyage jusqu’à la capitale de la région.

Le chef de la région Boeny, Jean Christophe Noël Rasoloniaina, qui s’est rendu à Soalala pour la présentation officielle du nouveau chef de district, a profité de l’occasion pour y rencontrer le DG de Wisco, le dimanche 10 avril.
D’une manière générale, les comptes-rendus sur l’étude d’impact environnemental lui paraissent satisfaisants. Toutefois, les projets d’accompagnement sociaux, dont les plus cruciaux sont ceux cités précédemment, restent des sujets encore à débattre entre les autorités malgaches et la société Wisco.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 19 avril 2011