De 2008 à 2010, l’accès aux installations en eau à Antananarivo ville a régressé de 6%. Ce chiffre est connu grâce aux études de l’UNICEF sur la promotion de l’hygiène et de l’assainissement dans la ville d’Antananarivo. Les travaux d’assainissement de la ville d’Antananarivo ont débuté le 17 mars et hier, les responsables de la commune urbaine d’Antananarivo, assistés par les partenaires à l’instar de l’Unicef et du FID ont visité les travaux à Andohatapenaka.

Dans le cadre du projet, la mise en œuvre des chantiers a été effectuée à travers l’utilisation du système « haute intensité de main d’œuvre (HIMO) et par le biais de la méthode « argent contre travail ». Les travailleurs sont sélectionnés par un comité de ciblage élu sur place et sur la base de critères spécifiques liés à la vulnérabilité. L’objectif est de permettre aux populations les plus vulnérables et les plus désavantagées des fokontany concernés d’accéder à des emplois temporaires afin que celles-ci puissent s’assurer un minimum de ration alimentaire journalière.

« Améliorer les conditions de vie et contribuer à la réduction des maladies liées à l’eau et à l’assainissement dans les quartiers vulnérables d’Antananarivo, ainsi que donner des emplois temporaires aux populations les plus vulnérables », tel est l’objectif principal de la commune d’Antananarivo et ses partenaires.

Mis en œuvre en faveur de plus de 64 000 habitants, le projet consiste à financer le nettoyage des canaux, la construction d’ouvrage d’assainissement et la collecte des ordures dans les quartiers cibles de la ville d’Antananarivo par le biais de la méthode « argent contre travail ». Il entre également dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire en milieu urbain.

« A Antananarivo ville, cette situation est liée à plusieurs facteurs, à savoir la démographie galopante, un déséquilibre entre la croissance de la population et les infrastructures sanitaires existantes (de 1985 à nos jours, la population a été multipliée par 16), le manque de plan d’urbanisme, l’insuffisance du nombre de bacs à ordures par rapport à la quantité journalière d’ordures ménagères et l’enlèvement de celles-ci et enfin le manque d’attention accordée aux mesures d’hygiènes », a affirmé les responsables de l’Unicef.

Madagascar en quelques chiffres

« A Madagascar, seules quatre personnes sur dix (soit 41%), avec une forte disparité entre milieu urbain (71%) et zone rurale (29%), ont accès à l’eau potable et seulement une personne sur dix (11%) a accès à des installations d’assainissement adéquates » a constaté le Joint monitoring program de l’Unicef en 2010.

Force est également d’affirmer que 88% des décès dus à la diarrhée sont imputables à un manque d’accès à des installations d’assainissement, aggravé par le manque d’eau nécessaire à l’hygiène et la consommation d’eau non salubre. La diarrhée demeure l’une des maladies les plus meurtrières à Madagascar pour les enfants de moins de 5 ans.

Extrait Les Nouvelles – samedi 9 avril 2011