Tout le monde s’accorde à reconnaître que les crises politiques et sociales à répétition qu’on a connues depuis l’Indépendance ne sont pas favorables à un développement du pays. Dans ces conditions, peut-on encore envisager un développement durable à Madagascar ?

Une conférence internationale va se tenir au Carlton (Anosy) en début de semaine avec pour thème : « Développement durable à Madagascar : réalité ou utopie ? ». Si a priori on peut penser qu’une telle conférence tombe bien mal à propos aujourd’hui compte tenu de la situation (politique et sociale) qui prévaut dans le pays, il n’en demeure pas moins qu’on ne peut pas toujours se satisfaire de la situation présente.

Effectivement, la moindre des choses (du moins pour les dirigeants actuels) est de se projeter dans l’avenir et de prévoir que les problèmes actuels seront certainement résolus une fois pour toutes, un jour ou l’autre. Dans ces conditions, la question devient un sujet d’actualité En réponse, une chose est sûre : le pays dispose suffisamment de toutes les ressources nécessaires et requises (compétences humaines, ressources naturelles…) pour espérer profiter d’un développement durable.

A dire vrai, un développement durable à Madagascar ne relève pas d’une utopie, à condition toutefois qu’il existe une réelle volonté politique des dirigeants (qui qu’ils soient) d’exploiter toutes les ressources disponibles à des fins profitant à la grande majorité de la population. Autrement dit, une meilleure redistribution équitable des richesses créées est impérative pour atteindre cet objectif.

Si l’on ne considère que les grands projets miniers présents et à venir, les richesses qui en seront tirées devraient permettre à une grande partie de la population d’en tirer profit. Cependant, on craint fort que cela ne profite qu’à une classe de privilégiés comme ce fut le cas auparavant.

Bien évidemment, le respect des règles et normes de l’Initiative de transparence des industries extractives (EITI), en termes de transparence de gestion des richesses tirées des ressources minières et pétrolières auxquelles Madagascar s’efforce de se conformer, est plein d’espoir dans le sens de la bonne gestion des ressources tirées de ces richesses. Mais ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.

Qui plus est, outre ces richesses minières et pétrolières, Madagascar peut encore se prévaloir de devenir dans l’avenir le premier fournisseur de produits alimentaires (d’origine animale ou végétale) pour toute la région. Cette capacité devrait accorder à la Grande île un très bel avenir. A condition toutefois que toutes les conditions soient réunies pour permettre à Madagascar de devenir un grand producteur de produits agricoles et un pays d’élevage de premier plan.

On verra si les intervenants partageront cette conviction lors de leurs interventions respectives. Parmi ces intervenants, on notera la présence d’un représentant de l’Ecole supérieure des Hautes études commerciales (HEC Paris), de Patrick Rajonary, PDG de la Papmad, de Mirana Ranarivelo, chef de département « développement durable » de la société Holcim, de Philippe Lame, PDG de la BFV-SG et de Gilbert Ahnee, journaliste mauricien. Notons que cette conférence est organisée par le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Madagascar (CEDS) en partenariat avec la HEC Paris au Carlton ce lundi 11 avril.

Extrait Les Nouvelles – samedi 9 avril 2011