L’éducation environnementale constitue la base pour un changement de comportement. Mais elle n’est pas encore systématique.

L’éducation environnementale n’est-elle pas une perte de temps pour préserver la biodiversité et la forêt malgache face à la croissance de la dégradation de l’environnement ? « Elle constitue un pilier pour consolider la protection de l’environnement », argumente Claude Rakoto, chef de service de l’éducation environnementale pour le développement durable au sein du ministère de l’Environnement et des Forêts, lors de l’atelier national d’harmonisation et de capitalisation sur l’éducation environnementale la semaine dernière à Anosy.

Ainsi, l’éducation environnementale devrait créer un réflexe au niveau de toutes les franges de population devant la dégradation de l’environnement.

Ignorance et nécessité
« Car l’éducation environnementale touche tout le monde. L’éducation formelle concerne les enfants et les jeunes à l’école. Celle non formelle s’applique aux futurs décideurs tels que les futurs cadres et hauts fonctionnaires, ou les élèves policiers. Mais, il y a également l’éducation informelle donnée à chaque citoyen », continue Claude Rakoto. Malgré toutes ces formes d’éducation depuis des dizaines d’années, elles n’ont pu empêcher ni les feux de tavy ni la chasse excessive de lémuriens ou d’oiseaux. « Car elles n’ont encore ni conscientisé ni entraîné un réflexe pour la société », explique le chef de service de l’éducation environnementale pour le développement durable.

Aussi, si la population locale y compris les décideurs locaux ont compris l’intérêt de la préservation de l’environnement, ils ont préservé la forêt et sa biodiversité. Mais la pauvreté des gens entraîne également un échec dans l’éducation sur l’intérêt de la préservation du milieu naturel. « La population exploitant le minerai d’or au
détriment de la forêt de Daraina n’a compris l’intérêt de l’environnement qu’une fois les sources d’eau asséchées. Car l’or procurait plus de 200 000 ariary en une journée alors que le travail sur la rizière en une année ne pourrait atteindre cette somme si la récolte était mauvaise. C’est normal si les villageois laissent tomber toutes les éducations données », souligne une responsable d’un organisme international.

Mais cette situation ne doit pas décourager. « Car les programmes qui améliorent l’accès et la qualité de l’éducation en matière d’environnement sont des interventions capitales pour le changement à long terme », conclut Bruno Maes, représentant de l’UNICEF à Madagascar.

Extrait l’Express de Madagascar – Lundi 04 avril 2011