Le changement climatique a de plus en plus d’impacts. L’on recherche de nouvelles variétés de produits qui s’y adaptent.

Début tardif des premières pluies, baisse du volume de précipitations, saison hivernale précoce à mi-mars et raccourcissement du cycle cultural. Telles sont, entre autres, les manifestations du changement climatique dans le domaine agricole. La période de pluies ne dure plus que deux mois, en moyenne. Dans la région Alaotra, un des greniers à riz de Madagascar, le volume de précipitations est de 400 m3 seulement jusqu’à fin mars. Un chiffre qui avoisine la situation dans le Sud.

La recherche de variétés de produits, comme le riz, qui s’adaptent à la situation, demeure une des solutions pour faire face au changement climatique. « Avec le volume de précipitations qui se conjugue au raccourcissement du cycle cultural, il est très important de mettre en place des variétés de riz et d’autres produits à cycle court », explique Jacqueline Rakotoarisoa, responsable auprès de la FOFIFA. « Nous avons déjà des variétés de riz mais le plus court est de quatre vingt-dix jours, donc de trois mois, alors que le cycle cultural ne dure que deux mois », continue-t-elle.

Faible budget
Le développement des recherches agricoles s’impose ainsi. Or, pour le moment, un infime montant est alloué à ce domaine. En effet, seulement moins de un pour cent du budget étatique est réservé aux recherches. Les travaux de recherche s’effectuent souvent dans le cadre de projets de partenariat avec des organismes internationaux.
En attendant, les paysans utilisent leurs propres moyens pour faire face aux aléas qu’ils rencontrent sur terrain.

« Selon les manifestations, les producteurs adoptent leurs mesures dans la région Alaotra. Ils ont construit un nouveau barrage pour drainer les rizières frappées de sècheresse. Et dans la région Atsinanana, victime de cyclone, bon nombre de producteurs ont abandonné la culture de girofle », relate Onjaherilanto Razanakoto, un agronome. « Les barrages sont construits d’une manière artisanale, avec des sacs de sable et des poteaux en bois. Et la culture de girofle est remplacée par celle de la vanille, moyennant d’un tuteur qui résiste aux vents cycloniques », précise-t-il.

Extrait l’Express de Madagascar –  Mardi 22 mars 2011