Considérées comme sources de vie, la femme et l’eau ont été célébrées ensemble ce 8 mars. L’une fait vivre la personne humaine, tandis que l’humanité émane de l’autre.

La commune rurale d’Ankatafana à 10-20 minutes de Mananjary, chef-lieu de district, selon la puissance des vagues, a accueilli pour la première fois la célébration de la Journée mondiale de la femme.
Le thème choisi pour cette journée est « l’Eau : femme propre et famille saine ». Ainsi l’eau et la femme ont été mises en exergue car ce sont les sources de la vie. Et l’arrivée d’eau potable grâce aux pompes mécaniques, vers la fin de 2004, a amélioré la vie quotidienne de femmes et la santé des familles à Ankatafana.
L’amélioration de l’hygiène des enfants a été le premier fait marquant de cette facilité de l’accès de l’eau.

« Nous n’utilisons que le peu d’eau disponible pour laver nos enfants, avant. Car l’embouchure est assez loin et mal éclairée. Aujourd’hui nous pouvons avoir de l eau à n’importe quelle heure », témoigne Charlotte Razanamaro, une mère de famille.
Avec cette amélioration de l’hygiène, la propagation de maladies épidémiques a pris aussi de recul, notamment après le passage des cyclones.
« Les villageois d’Ankatafana ont été victimes du choléra, en 2000. Cette épidémie a entraîné le décès d’une personne et l’hospitalisation de plusieurs personnes à l’hôpital », se souvient Francis, maire de la commune à Ankatafana.
Le gain de temps pour accroître la productivité de femmes n’est pas à négliger.
« Nous passons une trentaine de minutes pour bouillir l’eau. Cela nous a fait perdre du temps, lequel pouvait être consacré à la pêche ou à la culture », indique Arlette Razanadalana.

Des défis
Mais des défis restent à relever pour rendre pérenne cette eau potable. « La gestion durable des infrastructures n’est pas encore acquise dans la commune », souligne Emmanuel Robert Rajaonarison, directeur du projet Résilience améliorée des populations pour une réduction de l’impact des aléas dans la région de Vatovavy-Fitovinany et ses environs (RARIVATO).
Il s’agit de constituer un fonds de réserve pour l’acquisition de pièces de rechange, et de gérer le débit de l‘eau.
« Nous incitons les consommateurs à payer 5 000 ariary par famille par an pour faire fonctionner dans le long terme les pompes mises en place dans la commune » conclut le directeur de RARIVATO.

Extrait l’Express de Madagascar – Jeudi 10 mars 2011