La Semaine de la langue française est l’extension française de la Journée internationale de la francophonie, célébrée chaque année le 20 mars depuis 1988. Elle s’adresse à toutes les personnes qui parlent français, soit plus de 180 millions de personnes dans le monde, pour leur offrir l’occasion de vivre leur langue comme un patrimoine linguistique commun, en découvrant ses multiples formes et différences. Cette fois ci, elle sera célébrée à Madagascar en même temps que le traditionnel Printemps des poètes tout au long de ce mois. La Semaine de la langue française donne à chacun la possibilité de s’approprier sa langue, ses mots, d’en découvrir et dévoiler la richesse sous les formes les plus diverses possibles. Le principe fédérateur de la semaine de la langue française consiste à proposer dix mots, prétextes à poèmes, contes, nouvelles, pensées, chansons, etc. Ils sont sélectionnés chaque année par un comité composé de personnalités du monde francophone.

De tous les liens que nouent les hommes dans la cité, le lien de la langue est le plus fort, parce que c’est lui qui fonde le sentiment d’appartenance à une communauté. La langue participe ainsi à la cohésion sociale d’un groupe ou d’une collectivité ; c’est elle qui nous permet de « faire société ». Langue « en partage » pour tous ceux qui ont choisi de l’apprendre ou qui l’ont reçu en héritage, le français – parce qu’il est souvent en contact avec d’autres langues – est aussi une langue de partage, une invitation à s’ouvrir à un autrui ou à un ailleurs. Dix mots ont été choisis pour illustrer le lien de solidarité qui, grâce au partage de la langue, relie les membres d’une même communauté Chacun peut user de ces dix mots pour écrire un texte de 3 000 caractères ou dans une déclamation le 19 mars prochain à partir de 14h à l’Institut français de Madagascar.  Mais avant cela, Nirilalaina Ranarison, à la fois poète et enseignante coordonnera une matinée poétique, où des voix se croisent et des souffles s’entrecroisent. Des poètes et écrivains malgaches en collaboration avec des étudiants initiés à l’art oratoire, vont clamer des poèmes, visages du monde francophone. La musique du groupe Sorajavona illustrera la séance qui sera aussi marquée par la lecture de textes en hommage à Edouard Glissant, poète et écrivain antillais et à Andrée Chedid, romancière et poète française, décédés récemment.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 09 Mars 2011