Depuis le début de la saison cyclonique, le bassin Sud-Ouest de l’océan Indien n’a enregistré que deux systèmes baptisés, à savoir, Abele en décembre et Bingiza en février. Cette situation est plus qu’exceptionnelle sachant qu’un cas similaire remonte à 50 ans. Dans un communiqué de Météo-France dont voici l’intégralité, à la moitié de la saison cyclonique, bon nombre de cas pourraient encore se présenter.

« A ce jour, et alors que la seconde moitié de la saison cyclonique est déjà bien entamée, seulement deux systèmes dépressionnaires significatifs se sont développés sur le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien, Abele début décembre et Bingiza en février (tous deux devenus des cyclones tropicaux cependant) ».

Il s’agit là d’une situation exceptionnelle, puisque sur les 50 dernières années, il n’était arrivé auparavant qu’une seule fois de se retrouver début mars avec seulement deux systèmes baptisés. C’était lors de la saison 1997-1998, au cours de laquelle la troisième tempête tropicale de la saison s’était développée à la fin de la première semaine de mars. Comme aucun système dépressionnaire n’est prévu se former d’ici demain, la saison en cours 2010-2011 détrône donc la saison 1997-1998 et devient la saison détenant le record de la plus faible activité cyclonique pour la première partie de saison couvrant toute la période initiale allant jusqu’au 7 mars.

La saison 1997-1998 constituait également le seul cas, avant le présent exercice 2010-2011, d’une saison n’ayant pas vu la moindre tempête tropicale évoluer sur le bassin au cours du mois de janvier et conserve par ailleurs la palme de la saison la plus tardive (il a fallu attendre le 8 février pour voir le premier phénomène baptisé – le futur cyclone tropical Aanacelle). On peut enfin mentionner la saison 1986-1987, peu active également, et qui avait été plus tardive aussi que la présente saison 2010-2011 (le premier baptême n’intervenant que le 16 janvier 1987 – avec la tempête tropicale Alinina).

Rien ne présage l’avenir

L’actuelle exceptionnelle faiblesse de l’activité cyclonique sur la zone Sud-Ouest de l’océan Indien ne présage cependant en rien de l’avenir. Si, statistiquement parlant, l’éventualité de combler le retard pour aboutir in fine à une saison normale en terme d’activité, apparaît désormais hautement improbable, il reste encore possible de connaître une fin de saison plus active, même si les projections actuelles laissent plutôt à penser que l’activité perturbée va demeurer inférieure à la normale au cours des deux prochains mois sur notre zone.

« A ce stade, on ne peut toutefois encore rien exclure pour quelque territoire que ce soit. Un bon exemple permettant d’illustrer ce fait, est d’ailleurs fourni par la saison 1986-1987 précédemment évoquée » conclut le communiqué de Météo-France.

Extrait Les Nouvelles – mercredi 9 mars 2011