La situation est critique pour les hôteliers de la capitale. Ces derniers ne parviennent toujours pas à remonter la pente après une chute libre causée par cette crise politique.

Il y a du monde mais cela ne suffit pas pour permettre aux professionnels du secteur hôtelier de travailler normalement. Un de ces acteurs économiques a alors fait savoir que les établissements hôteliers d’Antananarivo tournent encore en dessous de leur seuil de rentabilité.

50 à 60 %
Selon cet opérateur économique, pour qu’un hôtel atteigne son seuil de rentabilité, il faut que son taux de remplissage dépasse les 50%. Pour certains établissements, ce taux doit même aller au-delà des 60%. Or, pour les hôteliers tananariviens, d’après toujours l’interlocuteur, cela fait des années qu’ils n’ont pas franchi la barre des 50%.

Pire encore, ces entreprises tournent en ce moment avec un taux de remplissage de 30%, très loin du taux leur permettant de ne pas travailler à perte. Alors, tous les mois, les opérateurs hôteliers de la capitale ont comme l’impression de s’enfoncer davantage dans un trou. On peut dire que les pertes de ces entreprises risquent de s’accumuler mois après mois alors que les promoteurs doivent s’acquitter d’un certain nombre de charges dont celles incompressibles. Ces opérateurs n’ont pas manqué non plus de noter que tout manquement au paiement des obligations fiscales est, en ce moment de crise, suicidaire.

Dans le secteur hôtelier, les promoteurs ont tendance à penser qu’ils ne font plus du business. Ces derniers semblent se battre pour leur survie plutôt que travailler pour générer des valeurs ajoutées. Ils estiment également que cette crise politique trop longue, déjà à l’origine des problèmes actuels des opérateurs économiques de tous les secteurs, ne pourra que précipiter les entreprises malgaches dans le vide. Certains hôteliers le confirment d’ailleurs en affirmant qu’au rythme où vont les choses, ils seront contraints de mettre tout leur personnel au chômage technique et fermer leur établissement pour une durée indéterminée ou définitivement.

Mais ce n’est pas que dans l’hôtellerie seulement que les opérateurs souffrent. En effet, presque toutes les activités économiques sont affaiblies par cette crise. Les industriels se plaignent régulièrement de leur situation. Beaucoup d’entreprises tournent avec un effectif réduit. Dans le domaine des Tic, pourtant annoncé comme un moteur de développement, l’on sait que bon nombre de promoteurs ont été lâchés par leurs partenaires.

Alors, après un peu plus de deux années de crise politique, les politiques continuent peut-être à se réjouir de leur situation, mais dans le domaine économique, les acteurs ne demandent qu’une chose. Que l’on en finisse le plus rapidement possible avec cette crise qui n’apporte rien à l’économie nationale.

Extrait Moov.mg (Midi Madagasikara) – lundi 7 mars 2011