Hier, les prix à la pompe ont commencé à prendre la spirale haussière chez certaines stations-service. C’est mi-figue mi-raisin pour les consommateurs puisque cette augmentation est en dessous de 100 ariary/litre. Des pétroliers avancent toutefois qu’elle devrait se situer entre 350 et 400 ariary/litre. C’est à cause du gap enregistré depuis septembre 2010. L’explication d’un pétrolier : « En septembre dernier, le prix du gasoil sur le marché international était de 630 dollars la tonne, contre 880 dollars à l’heure actuelle. Depuis, les prix locaux à la pompe n’ont guère changé et n’ont donc pas suivi ce mouvement du marché international. De plus, la mesure sur le change fixe à 2 000 ariary le dollar pour l’importation des produits pétroliers est suspendue depuis un peu plus d’une semaine. Ce qui veut dire qu’aucune mesure de compensation n’est en place à l’heure actuelle pour contenir les prix à la pompe. Or, les autorités nous ont promis depuis septembre de voir comment maintenir les prix sans pour autant nuire aux opérateurs du secteur ». Apparemment, ces promesses n’ont pas été tenues pour diverses raisons (lire article par ailleurs).

Pour la première fois, l’écart entre les prix à Madagascar et en Europe et notamment en France est très important. Il est d’habitude de 25 à 30% moins chers à Madagascar, mais avec la hausse des prix en France et la quasi-stabilité des prix à Madagascar, cet écart va jusqu’à 40%. Mais au rythme où les cours internationaux évoluent au-dessus de 100 dollars le baril de pétrole brut, les prix à la pompe risquent fort de grimper fortement, à moins que l’Etat ne trouve une solution miracle entre-temps. Rappelons que lors de l’avant-dernière hausse du 24 janvier dernier, les pétroliers ont appliqué une augmentation en dessous de 50 ariary/litre. En fait, la question est d’augmenter les prix par palier de 50 ariary/litre depuis septembre dernier, mais nos interlocuteurs affirment que les pétroliers y perdent beaucoup étant donné que les prix n’ont pas beaucoup bougé depuis. Quoi qu’il en soit, si le riz continue à poser des problèmes pour les ménages et à donner des cheveux blancs aux autorités concernées, une forte augmentation des prix à la pompe risque fort d’être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le pouvoir d’achat déjà miné par des années d’inflation sous le précédent régime et par 2 ans de crise est au plus mal.

Dans ce cas, une forte hausse des prix à la pompe étranglera encore plus les ménages et réduira à néant le peu de compétitivité que les entreprises ont du mal à maintenir. Elle entraînera dans son sillage un effet domino et fera ainsi renchérir les prix dans d’autres secteurs comme les transports… Et lorsque les transports sont affectés par la hausse des tarifs, les autres ne font que suivre ce train haussier, et les PPN (riz, huile, sucre…) arrivent en tête. Comme quoi, les responsables ont du pain sur la planche. Ils ne veulent en aucune manière voir les prix des produits pétroliers augmenter mais donnent l’impression d’être à court d’instruments pour empêcher toute hausse.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Vendredi 04 Mars 2011