Selon le dernier rapport du Programme pour l’alimentation mondiale (PAM), près de 720 000 personnes vivant dans le Sud de la Grande île sont actuellement sous-alimentées.

720 000 personnes, tel est le nombre de personnes avancé par le PAM, vivant dans les régions d’Atsimo Andrefana, Androy et Anosy qui sombrent dans une sous-alimentation chronique.

Selon le PAM, « la sécheresse a provoqué une perte généralisée des récoltes de maïs dans les régions d’Atsimo Andrefana, Anosy et Androy. La période de soudure, entre le moment où la récolte précédente a été consommée et le moment où la nouvelle production est prête, commence en octobre et se termine vers le mois de mars. »

« Les informations recueillies depuis le début de la période de soudure, en octobre, indiquent que les populations ont déjà commencé à adopter des stratégies de survie négatives, notamment à consommer les semences pour la prochaine production ou à vendre leurs biens…, que les hommes quittent ces régions ce qui rend les femmes et les enfants encore plus vulnérables » a expliqué Krystyna Bednarska, la représentante du Pam à Madagascar.

Notons qu’un scénario semblable s’est déjà produit en 2009 mais les opérations d’urgence et les interventions nutritionnelles nécessaires avaient tardé à être mise en œuvre à grande échelle, faute de fonds.

Les subventions représentaient 70% des dépenses publiques avant l’accession d’Andry Rajoelina au pouvoir. Mais avec la politique d’austérité adoptée par le gouvernement, les experts étrangers dont notamment l’UNICEF ou encore le PAM pensent que l’axe Sud est le plus négligé par l’Etat. Actuellement, près de 70% des Malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté et selon l’UNICEF, le nombre d’habitants pauvres tend à augmenter à mesure que l’on se déplace vers le sud où la majorité de la population vit de l’agriculture de substance.

Les faits parlent d’eux-mêmes !

La surveillance de l’insécurité alimentaire a déjà été établie à Madagascar depuis 1996. En août 2010, près de 53 communes ont été gravement touchées. Ce chiffre a nettement augmenté sachant que durant la même période mais en 2009, on n’a recensé que 45 communes gravement touchées.

Selon M. Thomas de l’USAID, 90 millions de dollars ont été alloué en 2010 pour aider le pays après le passage des deux cyclones de 2009. On peut dire que ce programme est le plus vaste à être réalisé depuis 20 ans dans le cadre duquel trois millions de dollars ont été versés au programme d’urgence du PAM et 2 millions pour l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à des fins de prévention des invasions de criquets. Seulement, le changement climatique n’aide pas non plus le pays car l’on sait actuellement que le Sud qui n’a jamais eu d’eau est inondé et qu’il n’y a pas une goutte de pluie dans l’Est et dans le Nord.

Extrait Les Nouvelles – vendredi 11 février 2011