Des malgaches utilisent leurs connaissances et leur don pour soigner les malades. Cette connaissance nécessite, toutefois, une normalisation.

«Un véritable tradipraticien ne sort ni d’une quelconque école ni d’une formation. Son savoir-faire est un don transmis de génération en génération », explique Eugène Randrianjatovo, un tradipraticien à Isotry. Une éminente membre du bureau de l’association des tradipraticiens, connue sous le sigle de FIFAFINM, qui veut rester anonyme, confirme cette affirmation. « Ce sont mes grands-parents qui m’ont transmis ce don. À mon tour, je le transmets à mes enfants. Il n’y a aucune formation dans cette matière », soutient-elle. Ainsi l’allusion porte sur « le don » que bénéficient certains tradipraticiens et qui leur permet de guérir une brûlure, une blessure ou une maladie grâce à la salive ou aux feuilles de végétation.

Prudence
Les nombreux vendeurs de plantes et de tiges médicinales ne sont alors que de simples prestataires. « Ces vendeurs ne font qu’exécuter la recette que nous leur avons donnée », continue toujours Eugène Randrianjatovo. Le risque de surdosage est ainsi minime. « Car c’est une recette employée depuis plusieurs années. De plus, les vendeurs tiennent un carnet pour éviter un mauvais dosage. Seulement, il faut éviter les vendeurs ambulants qu’on ne peut pas pister en cas d’une mauvaise réaction au médicament », argumente le tradipraticien.

Mais le ministère de la Santé est prudent face à l’efficacité des médicaments de ces tradipraticiens, malgré une reconnaissance de leur association et de leur travail. « Nous ne reconnaissons pas et ne validons pas encore leurs médicaments », avance Lafy Roger Razafindrakoto, directeur de la gestion des intrants de santé, du laboratoire et de la médecine traditionnelle (DGLMT) au sein du ministère de la Santé.
Toutefois le ministère de la Santé reconnaît et travaille de concert avec l’association des tradipraticiens. « Notre objectif étant de mener un suivi sur leurs activités, car ils sont en contact avec de nombreuses personnes. Et d’améliorer leurs remèdes en leur faisant subir un test dans un laboratoire. Tel est l’enjeu de cette rencontre, ce jour », souligne le direceur du DGLMT.
Mais des interdictions peuvent tomber prochainement sur les produits toxiques réputés faciliter l’avortement. « Ces produits devraient
être retirés du marché public avant d’avoir obtenu une référence comme celle donnée par l’Organisation mondiale de la Santé », conclut Lafy Roger Razafindrakoto.

Extrait l’Express de Madagascar – Mercredi 09 fevrier 2011