Après les louanges sur le jatropha et les essais vraisemblablement infructueux de plantations industrielles, cette nouvelle filière ne fait plus parler de lui. Certes, la crise est loin d’offrir un climat propice aux investissements dans un tel secteur, mais il faut voir que des essais de plantation sur plusieurs zones n’ont pas réussi. On peut citer ceux sur la RN4 entre la capitale et Ankazobe, sur la RN7 aux environs de Sakaraha… En attendant des jours meilleurs, le jatropha procure aux paysans quelques menus produits comme le savon, l’engrais. Quant à la production de biodiesel avec de l’huile de jatropha, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Pour l’heure, un autre plant fait l’objet de recherches en bioénergie. Il s’agit du sisal qui se développe dans les zones semi arides comme le Sud de Madagascar. Ailleurs, le sisal est déjà utilisé dans la production de boissons alcoolisées comme la tequila. Avec le changement climatique et la raréfaction de la pluviométrie, cette plante est étudiée sur le plan international pour ses potentiels en tant que matière première dans la production de bioénergie. Selon 14 études indépendantes, deux variétés de sisal ont un rendement supérieur par rapport à d’autres matières premières de base (maïs, soja, sorgho, blé…) pour la bioénergie.

 

L’autre point positif du sisal réside dans l’absence de concurrence avec les cultures vivrières et l’accaparation de terres agricoles. En effet, cette plante pousse dans les zones semi arides. A l’heure actuelle, d’autres recherches sont en cours sur d’autres variétés de sisal. L’objectif est déterminer les variétés qui ont le rendement le plus important et qui poussent correctement dans les zones semi arides. Si les recherches aboutissent, elles devraient procurer plusieurs avantages à plusieurs régions en en Australie, au Mexique, en Afrique dont le Sud de Madagascar dont la pauvreté est presque entretenue par les gouvernements successifs et les bailleurs de fonds. La plupart des solutions pour cette partie de la Grande Ile sont de nature conjoncturelle. Elle ne traite pas le fond du problème et n’étudie pas, par exemple, toutes les options pour l’approvisionnement en eau. Parmi cette option pourtant, il y a le dessalement de l’eau de mer. C’est une opération qui ne devrait pas coûter trop cher dans le sens où l’énergie marémotrice (de l’ »nergie obtenue avec les courants marins) alimentera les machines de dessalement. En réalité, tout est affaire de volonté politique. Pour l’heure, il y a le sisal et ses potentiels pour la bioénergie. La question est encore au stade de la recherche.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mardi 01 Février 2011