Francine Landau, une opératrice économique malgache résidant en France mais de passage fréquent dans la commune de Belobaka, son village natal, à Mahajanga a eu la brillante idée de planter 37 000 pieds de mimosa sur un terrain de 50 ha qui se trouve à Berivotra sur la RN4, à 50 km de la ville de Mahajanga. « Un geste exemplaire envers le pays que tous les citoyens devraient suivre, ce n’est ni une grande institution, ni une grande association qui a eu cette initiative, c’est une personne de bonne volonté avec des ambitions nationalistes » se félicite le chef de la Région Boeny, Rasoloniaina Jean Christophe Noël présent au 2 ème jour de plantation des acacia masium.

Francine Landau a obtenu gratuitement le terrain auprès du Service du domaine et de la topographie de Mahajanga en l’an 2000. Elle a fini de régler les procédures administratives en 2006. Un individu bien connu de la région affirme pourtant en être le propriétaire et a engagé des plaintes. « Je suis en possession de tous les papiers nécessaires me déclarant propriétaire de ce terrain » explique la dame. « Des perturbateurs sont venus il y a 2 jours lorsqu’on a commencé à planter, c’est de la violation des droits » s’insurge-t-elle.

Mais tout ceci ne semble pas faire paniquer Francine Landau. 10 000 pieds sont déjà plantés sur 10 ha avec des plantes d’ornementation le long du point kilométrique 50 de la RN4.

De par le bouche à oreille, les Fokonolona des villages environnants tels que Ambalakida, Betsako et Ambovondramanesy se ruent chaque jour pour participer aux travaux de plantation. Une personne est payée à 3000 ariary par jour. Elle a le choix entre former 20 trous de 30cm x 30cm, planter 100 pieds de mimosa ou recouvrir 60 trous. Ils sont plus d’une centaine à se partager les tâches.

« Ce reboisement intensif pense déjà aux générations futures », dit Francine Landau. « Que vont-ils apercevoir d’ici 15 à 20 ans si nous continuons les feux de brousse ? » lance-t-elle. Un technicien forestier est sur place pour superviser les travaux du Fokololona jusqu’à la fin du reboisement. Il procède en même temps au regarnissage des plants défaillants et apprend au Fokonolona la confection des pare-feux.

Un plante de mimosa coûte 60 ariary auprès du SNGF (Service National des Graines Forestières), qui a d’ailleurs conseillé à l’initiateur de ce grand projet de planter l’acacia masium, le nom scientifique du mimosa pour sa vocation agro-forestière. En effet, selon le technicien forestier, l’arbre de mimosa possède la quantité de calories adéquates pour la production de charbon de bois. Ses fleurs sont également très favorables pour élever des abeilles. Et déjà le propriétaire des lieux donne rendez-vous aux apiculteurs d’ici quelques années pour venir installer leurs ruches parmi les futurs arbres de mimosa. Les arbres, une fois grands, pourront également servir pour la fabrication de meubles.

Extrait Madagascar Tribune – mardi 25 janvier 2011