Plusieurs recherches ont été déjà réalisées pour retracer le premier peuplement de la Madagascar. Ainsi, de nombreuses hypothèses ont également été émises à propos de la véritable origine du peuple malgache. Chantal Radimilahy, chercheur au sein de l’Institut de civilisations/Musée d’art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo et Guido Schreurs, chercheur à l’université de Berne, Suisse, ont de nouvelles hypothèses à ce sujet.

Suite au différentes découvertes archéologiques dans la région de Vohémar et, grâce à des études comparatives des objets funéraires découverts ainsi qu’à l’étude de la civilisation Rasikajy, il y a probabilité de la présence de la race chinoise dans l’origine du peuple malgache…

 Il y a encore très peu d’informations sur les origines de la civilisation des Rasikajy. Cependant, les études antérieures ont considéré ce peuple comme étant le résultat d’un métissage biologique et culturel entre des immigrants islamisés et des populations locales des zones côtières.

Les études comparatives sur les objets des sépultures de Vohémar montrent également des ressemblances notables entre les récipients tripodes produits à Madagascar et les anciens vases rituels chinois en bronze trouvés dans les tombes en Chine pendant plusieurs millénaires (par ex. les dynasties Zhou et Han, 1046 BCE – 220 CE). La production de récipients tripodes archaïques sur le modèle des articles funéraires des anciennes dynasties était très en vogue dans le Sud Est de la Chine durant les dynasties Song et Yuan (10è-14è siècle).

Les objets dans les tombes de Vohemar et leur position par rapport au corps indiquent que les Rasikajy ont pratiqué des rites funéraires semblables à ceux de la Chine dans le passé. Les ustensiles de cuisine (comme les bols, les plats, les cuillères, les assiettes, les marmites) étaient placés dans les tombes pour la nourriture du défunt dans l’au-delà, et les miroirs en bronze ont été posés en face de son front pour qu’il puisse également avoir la lumière dans l’au-delà. Les disques circulaires en chloritoschiste trouvés à Vohemar représentent probablement les « bi »-disques, placés en Chine dans des sépultures pour accompagner le défunt dans son voyage dans l’au-delà. L’"éléphant en pierre » ou plutôt le « sanglier en pierre" (vatomasina / vatolambo) d’Ambohitsara au nord de Mananjary et également en chloritoschiste, présente des similitudes avec les vases rituels chinois ou les figures de pierre placées le long des allées menant vers les mausolées chinois.

Par ailleurs, de nouvelles méthodes de recherche mises au point et améliorées durant les dernières décennies pourraient aider à éclairer les origines des Rasikajy : analyse de l’ADN ancien, nouvelles études sur les isotopes stables ou encore datation au radiocarbone de nouveaux matériels ou de celui déjà disponible à partir des sépultures à Madagascar. Ces méthodes pourraient donner des informations nouvelles sur les origines géographiques, le mode de vie des communautés pré-européennes. Une sélection des thèmes des recherches pouvant être menées pour l’étude de la fascinante et encore énigmatique histoire du peuplement de Madagascar est en cours d’élaboration et semble intéresser plusieurs autres institutions. Les communautés actuelles revendiquant des liens ancestraux avec les Rasikajy pourraient être examinées à travers des recherches linguistiques, historiques, anthropologiques (social et culturel).

Extrait Les Nouvelles – mardi 18 janvier 2011