Les crises politico-économiques de Madagascar risquent de faire tâche d’huile sur le climat. La population va se retrouver ainsi à sec.

Le risque d’insuffisance pluviométrique pour ce dernier trimestre de la saison estivale, de janvier à mars, menace l’activité agricole dans plusieurs régions. « Ainsi des tendances vers des précipitations normales à déficitaires, une insuffisance pluviométrique par rapport à la normale de la période 1971-2000, sont à prévoir dans les ex-provinces d’Antananarivo, de Mahajanga, d’Antsiranana et dans la partie orientale de l’ex-province de Fianarantsoa », relate Voahanginirina Ramiandrisoa hier, chef de la division de la variabilité climatique et applications à la direction de la Météorologie d’Ampandrianomby.

Adaptation des activités
La zone habituée à une pénurie d’eau serait par contre bénie cette année. « Une bonne pluviométrie est attendue pour les régions semi-arides, du Sud-Ouest et du Sud de Madagascar avec toutefois des risques de pluies localement abondantes », souligne le chef de division.

Ainsi, des mesures devraient être prises dans les régions déficitaires. Le ministère de l’Agriculture prévoit une sensibilisation de masse dans le monde rural pour adapter les activités paysannes à cette « sécheresse ». « Nous avons déjà incité les paysans à intensifier la culture contre saison, comme la culture du manioc, qui peut s’adapter à ce changement climatique » explique Thomas Ndalana, directeur de cabinet au ministère de l’Agriculture. Le calendrier cultural connaîtra également des modifications, face à ce bouleversement climatique. Nombreux sont encore les paysans qui repiquent le riz au début de ce mois. « Le mois de janvier est pourtant la période du sarclage de rizière dans le district d’Andramasina », se plaint Solofo Razanabahoaka, paysan d’Andramasina.

Le bureau national de la gestion de risques et des catastrophes (BNGRC) ne prévoit pas encore de mesure spécifique telle que la pluie artificielle pour pallier ce risque de pénurie d’eau. Pourtant le secrétaire exécutif du BNGRC, Louis de Gonzague Rakotonirainy, affirme être prêt à intervenir en cas de catastrophe. « Le BNGRC a mis en place une planification d’intervention avec ses partenaires dans diverses régions. Nous allons ainsi réagir en fonction de la situation », affirme le secrétaire exécutif.
Dans la zone urbaine, la JIRAMA est actuellement la seule entité qui intervient dans la provocation de pluie. « Face à une menace de pénurie d’eau provoquant une baisse de tension énergétique entre octobre et décembre 2010, la JIRAMA est intervenue pour faire une pluie artificielle. Ce scenario pourrait se répéter pour approvisionner en eau et en électricité les citadins, face à cette insuffisance de pluie », conclut Benja Razafindrakoto, chef de service agro-météorologique au sein de la direction de Météorologie.

Extrait l’Express de Madagascar – Vendredi 14 janvier 2011