Le corridor forestier de Fandriana – Marolambo est protégé depuis 2005 par le WWF. Il s’agit du projet de restauration du paysage forestier (RPF). En effet, cette forêt d’une richesse exceptionnelle, 26% des genres et 95% des espèces inventoriées sont endémiques. 2011 est l’année internationale de la forêt. La lutte contre la déforestation est donc une priorité mais la restauration des massifs forestiers dégradés est un enjeu tout aussi important pour l’avenir.

L’engagement de WWF est clair car on a recensé plus d’une centaine d’espèces qu’on a jamais rencontrées ailleurs. 8 espèces de lémuriens y vivent également en toute liberté.

La plupart des paysans usent des méthodes agricoles traditionnelles pour survivre. L’on parle bien de la culture sur brûlis. Sous l’effet des feux réguliers et de temps de jachères insuffisants, les sols perdent leur fertilité. Cela oblige les paysans à migrer encore un peu plus dans les forêts pour y défricher de nouvelles terres fertiles créant ainsi des zones de coupure dans le corridor.

Evidemment, cette situation crée des impacts négatifs sur les espèces endémiques du corridor et c’est là que WWF intervient.

Aujourd’hui, la sensibilisation menée par WWF commence à porter ses fruits. En effet, 70 communautaires villageoises ont adhéré aux objectifs du projet et s’impliquent activement pour les atteindre.

La démarche suivie par WWF est basée sur la recherche d’un équilibre entre les besoins des populations et les avantages apportés par les forêts. Il s’agit de trouver un meilleur compromis en termes d’utilisation de l’espace et de gestion des ressources du paysage.

La responsabilisation et l’implication de tous les acteurs du paysage et plus particulièrement des communautés constituent la pierre angulaire de l’effort de restauration.

Restauration sur deux niveaux

Avant toutes opérations de restauration, la lutte contre les pressions pesant sur les forêts, feux de brousse, défrichement, exploitation illicite est primordiale et nécessite un travail de sensibilisation et de communication quotidienne. Et on décèle deux niveaux de restauration à savoir la restauration passive et active.

La restauration passive permet la régénération naturelle des forêts en les protégeant par des pare-feux. Actuellement, 50 sites de restauration passive ont été mis en place avec les communautés.

Ensuite, il y a les restaurations actives qui concernent directement la plantation d’essences autochtones pour lutter contre la fragmentation des forêts. Actuellement 58 pépinières associatives, communautaires, communales, scolaires ou familiales ont permis de produire plus de 475 000 plants de plus de 100 essences autochtones.

Extrait Les Nouvelles – jeudi 13 janvier 2011