Lancés respectivement en 2006 et 2008, les projets des Hauts Plateaux/ Sud-Est et du lac Alaotra devraient toucher près de 22 000 familles d’agriculteurs, permettre la réhabilitation de plus de 6 000 ha de périmètres rizicoles et le développement de 2 500 ha de nouveaux aménagements.

Dans le pays, en effet, il est indiqué que l’agroécologie ouvre de nouvelles perspectives pour lutter contre la pauvreté rurale tout en protégeant la terre. L’AFD soutient ces nouvelles méthodes de production agricole plus en phase avec la nature.

L’exploitation du potentiel agricole, en Afrique comme ailleurs, se fait souvent au détriment des ressources naturelles : surexploitation des terres, appauvrissement des sols, déforestation sauvage…

C’est le cas à Madagascar, où investir dans des méthodes innovantes telles que l’agroécologie est une nécessité. Elle permet de concilier rentabilité économique et protection de l’environnement.

L’AFD et le Cirad ont plus particulièrement contribué à développer les systèmes de semis sous couverture végétale (SCV). Cette méthode, consiste à cultiver les sols sans labour, tout en les protégeant par une couverture végétale permanente. L’AFD soutient l’adoption de ces techniques par les agriculteurs et participe aujourd’hui à leur diffusion à grande échelle. Elles permettent en effet de restaurer la fertilité des sols et de mieux valoriser la ressource en eau.

Grâce au stockage du carbone dans les sols, elles contribuent par ailleurs à lutter contre l’effet de serre.

Un exemple concret de l’application de ces techniques repose sur la mise en valeur et la protection des bassins versants et périmètres irrigués (BV-PI). Car si l’irrigation a fait l’objet d’investissements publics importants à Madagascar depuis les années 1950, les effets sur la production agricole et les revenus ruraux ne sont pas à la hauteur des espérances. L’agriculture du pays ne contribue qu’à hauteur de 30 % du PNB alors qu’elle emploie plus de 80 % de la population.

L’objectif est de développer et diversifier la production agricole tout en préservant les ressources naturelles.

Les SCV sont donc particulièrement développés sur les pentes qui entourent les périmètres irrigués, ralentissant ainsi les phénomènes d’érosion et contribuant à améliorer la productivité de ces parcelles. Ces programmes BVPI, fondés sur une approche systémique, participent à la diffusion de ces systèmes mais incluent aussi des actions techniques diversifiées (foresterie, intensification rizicole, promotion de l’élevage, …) ainsi que des appuis à la structuration des paysans et à leur sécurisation, notamment au niveau foncier.

Deux projets actuellement financés par l’AFD contribuent au programme national BV-PI : l’un dans la région du lac Alaotra, le grenier à riz de Madagascar et le second dans quatre régions des Hauts-Plateaux et du Sud-Est.

Dans le premier projet, une composante est spécifiquement dédiée à des actions d’envergure nationale afin d’assurer la promotion de l’agroécologie dans le pays.

L’expérience malgache, de par son antériorité, fait référence au niveau mondial concernant la diffusion de l’agroécologie et plus particulièrement des SCV en agriculture paysanne non mécanisée.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 13 Janvier 2011