Du fait des anomalies climatiques, la production du riz tsipala (deuxième saison) dans la Région Anosy, ne représente en moyenne qu’environ 41 pour cent de celle de la campagne 2008/09 pour les districts de Behara et d’Amboasary.

Plus, d’après les statistiques de la FAO et du PAM, il apparaît, notamment, que les déficits de production ont provoqué la hausse du prix du riz usiné provenant de Toliara. Il était de 1100 MGA/kg en juin 2010, en augmentation de 15 pour cent par rapport à la même période de l’année précédente (950 MGA/kg).

Le riz est la culture la plus pratiquée pendant la contre-saison, suivi des cultures maraîchères qui prennent de plus en plus de l’importance. Mais l’interdiction faite aux paysans de ne pas vendre directement leurs produits aux marchés de Taolagnaro limite les possibilités de commercialisation.

Alors que l’érosion éolienne ensable environ 10 pour cent des terres agricoles chaque année, la maîtrise de l’eau est entravée par l’insuffisance des infrastructures hydro agricoles et, notamment, la cessation des activités d’aménagement des superficies cultivables, de construction et/ou de réhabilitation des barrages et canaux durant la campagne 2009/10. Ceci a entraîné la diminution de moitié des superficies cultivées par rapport à la campagne 2008/09.

D’autres contraintes à la production concernent le manque de semences améliorées, la faible utilisation d’engrais, le manque d’encadrement pour l’utilisation du fertilisant à base des déjections de chauves-souris, ainsi que le manque de produits phytosanitaires. Seulement 10 pour cent des agriculteurs labourent à la charrue et 5 pour cent utilisent des sarcleuses.

Mais ce sont les criquets migrateurs qui causent le plus de dégâts à l’agriculture, notamment dans le district d’Amboasary Sud et la partie ouest de Fort-Dauphin, comme l’a constaté la mission lors de son passage. Parmi les ravageurs se comptent aussi les chenilles et cochenilles, le charançon et le puceron, alors que la mosaïque attaque le manioc.

L’élevage, dominé par les bovins, se pratique selon les méthodes traditionnelles. Ici comme dans les autres régions du Sud, le zébu est la ‘banque du paysan’, car ses ventes constituent la principale source de revenu pendant la période de soudure. Mais l’insuffisance des pâturages, le faible accès aux soins vétérinaires et le vol des animaux constituent de fléaux pour le secteur de l’élevage.

Quant à la pêche, elle concerne les 11 communes longeant le littoral du district de Taolagnaro et 2 communes littorales du district d’Amboasary Sud. La langouste, le thon, les crevettes, le requin et les crabes constituent les principaux produits.

Le prix moyen d’un kilo de langoustes est passé de 8 000 MGA en 2009 à 10 000 MGA en 2010. Le prix des crevettes a suivi la même tendance : 4 000 MGA/kg en 2010 contre 3000 MGA/kg en 2009. Ces produits de luxe sont essentiellement destinés à l’exportation et aux grands restaurants locaux.

Toutefois, le manque de matériels de pêche adéquats, les méthodes de conservation inadaptées, les difficultés de transport plombent le secteur de la pêche traditionnelle et artisanale.

Les recommandations issues des constats et des consultations que la mission FAO/PAM d’évaluation de la sécurité alimentaire à Madagascar a eues avec les personnes rencontrées se résument comme suit :

– renforcement de l’encadrement des paysans dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, y compris la pratique du SRI/SRA, l’utilisation des engrais chimiques/organiques et des produits phytosanitaires; les techniques de l’élevage intensif, la conservation et transformation des produits de pêche avec la mise en place d’une chaîne de froid; la mise en place de centres en champs de démonstration ; 

– construction de barrages et canaux d’irrigation/drainage afin d’augmenter les superficies des périmètres irrigués. Sont particulièrement concernées les communes de Mandiso, Tanandava-sud et Behara pour les barrages, la commune de Mandromondromotra pour la construction des canaux de drainage, les communes de Ranopiso et Behara pour la réhabilitation de barrages et de canaux d’irrigation. Il convient de dégeler à cet effet le financement extérieur ;

– renforcement du programme de construction de la pompe à pédale (introduite par le FAO) pour une utilisation efficiente de l’eau en agriculture ; renforcement des institutions de micro-finance pour faciliter l’acquisition des intrants et équipements agricoles ;

– disponibilité jusqu’au niveau des communes des intrants agricoles (semences, engrais, produit phytosanitaire) ; ainsi que des techniciens de l’agriculture et des vétérinaires ;

– construction d’un Centre de Multiplicateur de Semence pour la région d’ANOSY ;

– réhabilitation des routes pour faciliter le transport des produits ; amélioration de la sécurité surtout pour le vol de boeufs (malaso) ;

– et renforcement du programme Vivres-contre-travail (VCT exécuté par CARE) pour les travaux communautaires afin de couvrir les besoins alimentaires pendant la période de soudure.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 12 Janvier 2011