Le taux d’insécurité alimentaire sévère des régions Sud de l’île a tendance à la hausse en une année. Il a augmenté de 42% en 2009 à 63% en 2010, soit une hausse de 21%. Les deux années de sécheresse consécutives dues à l’insuffisance de pluviométrie font partie des principaux facteurs et ont engendré la diminution des récoltes. D’où la nécessité d’une aide alimentaire en vue de combler la période de soudure.

Le nombre des communes classées en difficulté alimentaire (DA) ne cesse d’augmenter ainsi que celui des ménages ces trois dernières années. 31 communes ont été classées en DA par le système d’alerte précoce (Sap) en 2008, 45 en 2009 et 53 en 2010. Parmi ces 53 communes touchant près de 720.000 habitants, 11 sont classées en difficulté alimentaire aiguë et nécessitant une intervention d’une durée de cinq mois. Quant aux 42 communes restantes, les interventions d’urgence s’étalent sur trois mois au minimum.

« Une cinquantaine de communes classées en DA constituent un record très inquiétant puisque ce nombre n’a jamais été atteint depuis la création du Sap en 1996. A ce problème s’ajoute l’invasion acridienne qui a affecté 460.000 ménages et 500.000 hectares de terres cultivables. La situation s’avère préoccupante surtout en cette période de soudure nécessitant de renforcer les interventions d’urgence pour assurer la sécurité alimentaire des populations », s’est exprimée la représentante du Pam, Krystyna Bednarska lors de la remise de don de sorgho par l’Usaid hier à Andranomena.

2,5 millions de dollars d’aide alimentaire

« Nous sommes témoins de la gravité de la situation depuis le mois d’octobre 2010. Les populations touchées par la sécheresse dans le Sud consomment d’aliments de disette non appropriés et néfastes pour leur santé comme le cactus, sans oublier le poblème d’accès à l’eau potable », a expliqué le directeur général de la mission de l’Usaid à Madagascar, Thomas Rudolph. Soucieux de cette situation, l’Usaid intervient dans le cadre de son assistance alimentaire d’urgence en octroyant 2,5 millions de dollars pour financer l’achat de 3.700 tonnes de vivres en faveur des 200.000 personnes des communes en DA.

Les interventions, s’étalant sur deux mois en cette période de soudure, devront commencer le 18 janvier prochain. Les activités s’inscrivent dans la continuité de celles qui ont déjà été commencées au mois de décembre 2010 et seront axées sur des travaux communautaires « Vivres contre travail » (VCT). L’apport du Pam et ses partenaires consistent à améliorer l’état nutritionnel des bénéficiaires des travaux et leurs conditions de vie par la construction des infrastructures, la protection de l’environnement et la production de semences de sorgho.

Toutefois, «  l’aide alimentaire de l’Usaid n’arrive pas encore à combler les besoins de 7 millions de dollars pour le Sud. Il nous reste à trouver deux millions de dollars pour subvenir aux besoins des populations pour faire face à la sécheresse », a conclu Krystyna Bednarska.

Extrait Les Nouvelles – vendredi 7 janvier 2011