Quatre jours paraissent trop courts pour tout connaître de Madagascar. Malgré cela, le président national du Snav, Georges Colson, après son séjour dans la Grande île, a accepté de livrer ses impressions. Interview.

Midi Madagasikara : Après ces quatre jours passés à Madagascar, quelle est votre impression sur cette destination ?
Georges Colson : Depuis mon arrivée à l’aéroport et durant le séjour, j’ai toujours ressenti la chaleur de l’accueil malgache. Le peu que j’ai pu voir de cette destination m’a transporté dans un autre monde à part. Comme si j’étais un aventurier livré à moi-même dans la nature. Ce que je peux vous dire c’est qu’on est bien à Madagascar. Nous avons appris une leçon de douceur de vivre et c’est ça Madagascar.
 
M.M. : Vous aviez pu, avec les autres administrateurs, rencontrer quelques professionnels du tourisme du pays, que pouvez-vous tirer de ces entrevues ?
G.C. : Effectivement, on n’a rarement eu l’occasion de rencontrer autant de professionnels du voyage. C’était intéressant de s’entretenir avec eux. On a pu évoquer avec eux la réalité du secteur dans le pays. Ils nous ont également faits part des difficultés causées par le changement géopolitique. On le ressent aussi d’ailleurs à notre niveau. La programmation de la destination a été suspendue par bon nombre de professionnels sur le marché français.
On a remarqué également leur enthousiasme pour faire en sorte que la grande île retrouve les chiffres d’il y a deux ou trois ans et que Madagascar trouve une place sur le plan international. Madagascar est assez éloigné dans les rangs touristiques mais cela peut avoir aussi bien des inconvénients que des avantages. Ce qui est bien dans cela c’est que vous pouvez encore remonter.

MM : A votre avis, la destination peut-elle espérer se faire une bonne place sur le marché français ?

G.C. : La France est un marché captif pour vous. Le touriste français n’est pas un fin géographe mais il aime plutôt tout ce qui est découverte, nature et surtout apprécie le côté historique d’une destination. Madagascar a un atout à faire valoir dans ces domaines.

M.M. : A ce propos, que pouvez vous reprocher à Madagascar en tant que destination touristique ?

G.C. : Je n’ai pas pu tout voir de la destination. Je ne suis pas non plus bien placé pour dire ce qui ne va pas mais j’ai quand même quelques conseils à faire. Déjà, il faut développer la desserte aérienne au départ de la France. La compagnie Air Madagascar devrait être plus présente dans l’Hexagone en mettant des liaisons dans les grandes villes de France. Dans le domaine des infrastructures, vous devrez songer à développer les routes mais n’en faîtes pas trop. Il ne faut pas rêver non plus. Mettez des infrastructures d’accueil mais ne détruisez pas votre nature. C’est Madagascar et laissez là avec sa belle nature. Ne pensez pas à rivaliser avec d’autres destinations. Il faut que vous mettiez en valeur vos atouts mais aussi vos imperfections. Il ne faut pas oublier non plus d’apporter un coup de pouce dans le domaine de la form.

Le tourisme est un moteur de l’économie et l’administration doit en prendre conscience. Elle devrait élaborer un plan de développement du tourisme. Dernier mais pas des moindres, il ne faut pas oublier que la sécurité et la serenité sont les premières conditions pour développer le tourisme alors «trouvez la paix de votre pays»
MM : Qu’est-ce qui va changer à votre retour en France ?
 
G.C. : Madagascar, on en rêve beaucoup en France mais pas toujours comme il faudrait en parler. On est ambassadeur d’information et de vérité sur cette destination. Ce témoignage sera largement diffusé.
Extrait Midi Madagasikara – Vendredi 17 Décembre 2010