À travers des timbres poste, des billets, un voyage dans le temps se déroule actuellement au Tahala Rarihasina Analakely. Les surprises sont au rendez vous.

Le visiteur peut passer des minutes devant un billet de banque daté de l’an 1926. Il peut feuilleter à sa guise une œuvre littéraire éditée en 1959. Il peut aussi faire la connaissance du vrai visage d’un lieutenant de l’armée, patriote, mort en martyre en 1947. Tout est dans la manière.

En explorant minutieusement les recueils de poèmes, le visiteur peut tomber sur une pièce surprenante. Un recueil de poésies, d’une valeur inestimable, de Randza Zanamihoatra édité en 1959, intitulé « Vehivavy » ou « Femme ». De page en page, le lecteur se rendra compte que ce genre de littérature servait aussi de support publicitaire des plus originaux. Attachant, les annonces, par leurs designs primitifs et ses caractères frappés à la machine à écrire ou transcris à la plume.

Patrimoine et modernité

Pour s’amuser, le visiteur peut dégager les petits traits de personnalité de Rasalama, en scrutant un timbre poste à son effigie.

À première vue, cette martyre était sévère et tenace. Ainsi que du lieutenant Albert Randriamaromanana, un bel homme, probablement raffiné. Plutôt chanteur que militaire. L’organisateur de l’exposition, Rija Rakotomalala, sort une anecdote sur l’une de ses pièces.

« Il y a une expression urbaine, tsy mandeha ny vola baoritra ou les billets en carton sont refusés. Ce genre de billet de banque a existé à une certaine époque, et il a été emprunté par le parler populaire plus tard ». Les plus anciens billets de banque entreposés au Rarihasina datent de 1926.

Des motifs iconographiques de l’ère héllenistique grecque servent d’ornement des billets. Le niveau technique de l’édition de l’époque pouvait presque rivaliser avec ce qui se fait de nos jours. Ce voyage dans le temps peut durer plusieurs jours, mais pour plus d’une semaine au Tahala Rarihasina Analakely.

Il y a celle de l’auto-école « Ramanana », sis à Andravoahangy, avec des conduites de la « Dauphine », une référence mécanique à cette époque. Moins ordinaire et plus sportif, l’appel à contribution pour financer le « tour de Madagascar » de 2 000 km à bicyclette d’Edmond Randriamanantena. Et un slogan d’une sincérité. « Aidez le héros de notre île ».

Les livres d’histoire peuvent bien se tenir. Les timbres poste exposés à Analakely se convertissent en mémoire visuelle de notre ère.

Extrait l’Express de Madagascar – Mardi 14 decembre 2010