Une étude menée par des chercheurs britanniques estime que 10 000 à 16 000 tortues marines sont illégalement capturées chaque année dans les mers de la Grande île. Le fruit de cette étude sera d’ailleurs bientôt publié dans le magazine « Animal Conservation ».

Sachant très bien que la pêche à la tortue est interdite, les autochtones font littéralement fi de cette interdiction et passent outre la loi. Le docteur Annette Broderick, du centre d’écologie et de conservation de l’université d’Exter et qui œuvre également dans la recherche chez Blue Ventures Conservation, pour recenser les tortues capturées, a innové en matière de méthode. En effet, elle a tout simplement rémunéré chacun des représentants des 12 villages côtiers de la Grande île, concernés directement par cette pratique, avec photos à l’appui. Ces derniers lui transmettent tous les renseignements concernant la capture. Dans un sens, on peut donc pister facilement les trafiquants à partir de cette étude mais encore faut-il qu’elle accepte de révéler ses sources.

La majorité des tortues capturées sont des tortues vertes, appelées scientifiquement Chelonia mydas .

"Cette étude est un bon moyen d’impliquer les communautés locales dans la recherche d’une solution durable. Evidemment, nous ne pouvons être certains que toute tortue capturée sera signalée, c’est pourquoi nous considérons ces chiffres comme une estimation minimale, néanmoins très valable pour notre politique d’information", explique Frances Humber, de Blue Ventures Conservation. Les chercheurs espèrent qu’une réglementation et un suivi de cette chasse traditionnelle s’avèreront plus efficaces que l’interdiction pure et simple, non respectée.

La tortue verte, vulnérable !

Pour information, la tortue verte est une espèce qui existe un peu partout dans les mers chaudes. C’est une tortue marine présente dans les eaux tropicales de tous les océans, mais plus ou moins rare selon les régions. Sa carapace mesure en moyenne 110 cm et l’animal pèse entre 80 et 130 kg. Certains spécimens peuvent atteindre un poids de 300 kg pour une longueur de carapace de 1,5 m. Sa carapace ovale est aplatie pour une meilleure hydrodynamique, sa largeur est d’environ 88% de sa longueur. Sa tête est petite et représente environ 20% de la longueur de la carapace. Elle ne dispose que d’une seule paire d’écailles préfrontales. Le bord de sa mâchoire inférieure est grossièrement dentelé tandis que la supérieure est munie de fortes crêtes sur la face interne.

Sa dossière dispose de quatre plaques latérales, la paire antérieure est non contiguë à la plaque précentrale. Le plastron est constitué de 4 paires de plaques inframarginales.

La dossière est brun olive, les plaques brillantes avec des taches radiaires jaunes, vertes et noires, le plastron est jaune pâle, crème ou blanchâtre.

C’est la plus rapide des tortues marines : elle peut atteindre une vitesse de près de 35 km/h. Sa maturité sexuelle est atteinte entre 8 et 15 ans.

La tortue verte préfère les eaux peu profondes et riches en zostères sans pour autant s’y circonscrire. Les adultes parcourent de très longues distances entre les herbiers et la zone de nidification. Contrairement aux autres tortues marines, on a observé des tortues vertes sur les plages à prendre le soleil comme d’autres reptiles marins et c’est d’ailleurs leur point faible car à ce moment précis, elles sont vulnérables et donc facilement capturées.

Extrait Les Nouvelles – lundi 22 novembre 2010