Les produits bio sont aujourd’hui en vogue et très recherchés par les consommateurs des pays dits développés. Les pays en développement comme Madagascar peuvent trouver une niche toute prête à être exploitée dans l’agriculture biologique. Mais cette filière est encore peu développée dans le pays.

Madagascar bénéficie de l’existence sur place d’un organisme de contrôle et de certification biologique depuis 1993 : Ecocert. Seulement, on peut dire que l’agriculture biologique reste encore sous-développée. En effet, entre 1993 et 2010, en tout, 90.000 ha de surfaces cultivées dans le pays sont certifiés bio. Cela concerne environ 4.300 producteurs qui sont essentiellement tournés vers l’exportation. Quand on sait qu’au départ, seulement 50 opérateurs étaient certifiés, on peut être porté à croire que l’évolution est appréciable.

Cependant, comparé aux potentiels susceptibles d’être exploités en matière d’agriculture biologique, force est de constater que la situation actuelle est loin d’être satisfaisante. Certes, de nouveaux produits sont exploités. Mais il n’en demeure pas moins qu’on se trouve bien en deçà des possibilités.

Par ailleurs, la filière de l’agriculture biologique, dans son état actuel, fait montre de nombreux contradictions. En totalité, Madagascar exporte chaque année environ 800 t de produits bio. Seulement, plus de la moitié de ces exportations est constituée par le cacao qui est suivi par la vanille qui cumule 14% des exportations. Ensuite viennent la cannelle (9%), le café (moins de 7%), le litchi frais (4,6%).

Sélection de fait

Les exportations d’huiles essentielles certifiées bio ne concernent que près de 4% des exportations totales bio. Or, les huiles essentielles attirent un très grand nombre d’opérateurs, tout au contraire du cacao qui n’est exploité que par quelques rares opérateurs. Quant aux principales destinations des produits malgaches certifiés bio, 63% des exportations sont destinées à la France, 10% vers l’Allemagne, 7% vers les Etats-Unis, 5% vers la Suisse, 3% vers la Nouvelle Zélande…

Les produits bio sont intégrés dans un marché international à forte croissance, et la demande ne fait qu’augmenter. Mais l’offre n’arrive pas à satisfaire la demande. Or c’est un marché où la valeur ajoutée est consistante. Cependant, de nombreux problèmes constituent une pierre d’achoppement au développement de la filière. Entre autres, le coût élevé de toute la procédure de certification a été mis en exergue par les participants à la réunion d’information sur les derniers textes réglementaires en vigueur sur la production biologique, organisée par Ecocert, hier, à l’hôtel Colbert.

Pour cette raison, les petits producteurs sont écartés de fait. De plus, ils sont totalement dans l’ignorance des cours internationaux en matière de produits biologiques. Ce qui les empêche de profiter véritablement des opportunités offertes. C’est pourquoi, en marge de la réunion d’information, il a été également envisagé de relancer l’idée de constitution d’un groupement professionnel des acteurs de la filière biologique à Madagascar. Ce groupement devra se positionner en tant que plateforme privilégiant les échanges entre les opérateurs qui souhaitent le développement de la filière biologique dans le pays.

Extrait Les Nouvelles – samedi 6 novembre 2010