Plus de 90% des ménages malgaches utilisent le charbon de bois comme principal combustible domestique. Avec le bois de chauffe, très prisé en zone rurale, le charbon de bois est utilisé pour la cuisson des repas et pour chauffer de l’eau. Un sac de charbon coûte actuellement entre 11 000 et 12 000 ariary à Antananarivo. En période sèche, les prix demeurent stables dans l’ensemble, si les hausses successives du prix des carburants ne se répercutent pas systématiquement sur les tarifs de transport. En revanche, les prix grimpent durant la période pluvieuse. Les fortes précipitations et l’humidité sont les ennemis du processus de production de charbon de bois. S’y ajoute l’état des routes en période pluvieuse qui augmente le coût de transport, lequel se répercute inévitablement sur le prix au consommateur.

Illégalité. Les producteurs de charbon de bois sont régis par une série de réglementations, dont notamment l’obligation de détenir une autirisation délivrée par les autorités compétentes pour l’exploitation de produits issus du bois sur une surface bien délimitée. Aujourd’hui, un bon nombre de producteurs commencent à être confrontés au problème de disponibilité des matières premières. Il devient, en effet, de plus en plus difficile pour ces producteurs de se ravitailler en bois. Les surfaces boisées qu’ils exploitent connaissent une baisse de la quantité de bois exploitable, malgré des activités de reboisement qui nécessitent, on le sait, un cycle de plusieurs années, voire, des décennies pour pouvoir être à nouveau exploitables. D’où un début de basculement vers l’illégalité en exploitant des surfaces boisées non autorisées. Le phénomène est observé, entre autres, dans la partie Nord-Ouest de l’île où des producteurs indélicats n’hésitent pas à dépasser les limites de leurs terrains exploitables pour s’approvisionner en bois.

Exploitations sauvages. Les feux de brousse aggravent la situation. Car ces incendies volontaires, courants en période sèche, causent déjà de grands torts aux surfaces exploitables. Les feux, difficiles à maîtriser car attisés par le vent, ravagent des milliers d’hectares de terrains, boisés ou non. Les stigmates de ces incendies volontaires restent encore visibles, des mois après l’embrasement de ces terrains, dont certains font, justement partie des surfaces exploitées par les producteurs de charbon de bois. Si cette tendance se poursuit, un boom des exploitations sauvages est à craindre. Le charbon faisant partie des produits de première nécessité pour les ménages malgaches, une baisse de production n’est pas à exclure, menant inévitablement vers une hausse du  prix.

 

Extrait Midi Madagasikara – jeudi 4 novembre 2010