La station de Kianjavato, dans le district d’Ifanadiana, est réputée pour ses richesses naturelles tant en faune qu’en flore. Elle est classée sanctuaire de la biodiversité par les chercheurs scientifiques du centre national de recherche appliquée au développement rural (Fofifa) ayant effectué des études sur place.

Nombreux sont les chercheurs qui viennent pour faire des études dans la station de recherche de Kianjavato du Fofifa. Parmi eux figurent les Japonais de l’Ueshima coffee corporation (UCC), les Américains du Henry Doorly zoo du Nebraska, les Britanniques du Royal botanic gardens kew, sans oublier les nationaux. Cet engouement s’explique par le fait que cette petite surface de 120 hectares regorge de trésors inestimables, pour ne citer que les espèces d’animaux rares et endémiques comme le « varibolo » ou le bambou lémur, les chauves-souris, les caméléons miniatures ou encore les phasmes ainsi que les espèces de caféiers sauvages. Des résultats de recherche ont été présentés lors d’une projection conférence qui a eu lieu, la soirée du mardi 23 octobre, au centre culturel Albert Camus. Il s’agit de la présentation d’un film documentaire intitulé « Kianjavato – Sanctuaire de la biodiversité », réalisé par le Fofifa avec l’appui du Programme des Nations unies pour l’environnement dans le cadre du projet Unep/GEF/CWR. Le film a été présenté par les chercheurs du Fofifa, les docteurs Jean-Jacques Rakotomalala et Jeannot Ramelison.

56 espèces de caféiers sauvages

Cette grande richesse se fond dans la nature verdoyante de la station où l’on identifie des espèces d’arbres peu connus du public mais qui semblent, pourtant, exercer un attrait considérable sur les chercheurs, entre autres les caféiers sauvages (Mascarocoffea). Ces espèces sont collectées dans les différents écosystèmes forestiers de Madagascar et des îles voisines durant les années 60 et plantées dans la station de Kianjavato afin de les conserver au cas où leur habitat naturel disparaissait suite à la déforestation. Cette collection constitue un patrimoine mondial et compte actuellement quelque 56 espèces de caféiers sauvages identifiées endémiques de Madagascar et dont l’absence de caféine dans les cerises constitue le point commun. Si on prend en compte tous les spécimens collectés à Madagascar et dans les îles voisines, leur nombre peut dépasser les 160.

Les principales activités de la station consistent ainsi à maintenir en vie les différentes espèces afin de pouvoir les étudier et identifier les caractères qui pourront être exploités plus tard. La collection de caféiers sauvages de Kianjavato est unique au monde. Par sa présence et à cause des activités de maintenance qui y sont menées quotidiennement, c’est toute la forêt de la station qui est préservée.

Extrait Les Nouvelles – vendredi 29 octobre 2010