Le Comité du patrimoine mondial a inscrit les forêts humides de l’Atsinanana (région est de Madagascar) sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en raison des coupes illégales de bois sur ce site et du braconnage visant les lémuriens, une espèce animale menacée. Malgré un décret interdisant l’exploitation et l’exportation de bois de rose et d’ébène, Madagascar continue d’octroyer des permis d’exportation en toute illégalité. Des pays ayant ratifié la Convention du patrimoine mondial sont même des destinations notoires de ce bois. Le Comité, rapporte cta spore dans sa dernière livraison,  appelle l’État malgache à prendre des mesures pour faire appliquer le décret et à organiser un sommet réunissant les pays concernés pour lutter contre ce commerce illégal de bois.

Les forêts humides de l’Atsinanana, selon l’Unesco,  comprennent six parcs nationaux répartis le long des marges orientales de l’île. Ces forêts anciennes sont très importantes pour le maintien des processus écologiques nécessaires à la survie de la biodiversité unique de Madagascar. Celle-ci reflète l’histoire géologique de l’île : en raison de sa séparation des autres masses terrestres il y a plus de 60 millions d’années, Madagascar abrite une flore et une faune qui ont évolué isolément. Inscrites pour leur importance tant pour les processus écologiques que biologiques, les forêts humides le sont également pour leur biodiversité et les espèces menacées qu’elles hébergent, notamment pour les primates et les lémuriens. Les forêts pluviales d’Atsinanana sont un bien sériel qui comprend six éléments. On y trouve une diversité biologique exceptionnelle au niveau mondial et une quantité extraordinaire d’espèces végétales et animales endémiques. Dans le bien, le taux d’endémisme avoisine 80 à 90 pour cent pour tous les groupes, et les familles et genres endémiques sont communs. Le bien sériel comprend une sélection représentative des habitats les plus importants du biote unique des forêts pluviales de Madagascar, y compris de nombreuses espèces animales et végétales menacées et endémiques.

Plus détaillent les données de l’Unesco, les forêts pluviales d’Atsinanana sont des forêts reliques, essentiellement associées à des terrains abrupts le long de l’escarpement et des montagnes de l’est de Madagascar. Les zones protégées comprises dans ce bien sériel ont acquis une importance critique pour le maintien de processus écologiques en cours nécessaires à la survie de la biodiversité unique de Madagascar. Cette biodiversité est le reflet de l’histoire géologique et de la situation géographique de l’île. Madagascar est la quatrième plus grande île du monde ; elle est séparée de toute autre masse terrestre depuis au moins 60 à 80 millions d’années de sorte que la majorité de ses plantes et de ses animaux ont évolué dans l’isolement. Ces forêts ont également été un important refuge pour des espèces durant les périodes passées de changements climatiques et joueront un rôle essentiel pour l’adaptation et la survie des espèces à la lumière des futurs changements climatiques. Et toujours d’après les memes informations, il est décrit qu’à l’intérieur du bien, le taux d’endémisme est d’environ 80 à 90 pour cent pour tous les groupes, et les familles et genres endémiques sont communs.  Madagascar est parmi les premiers pays de mégadiversité du monde et possède un nombre extraordinairement élevé (env. 12 000) d’espèces de plantes endémiques. Le bien revêt aussi une importance mondiale pour la faune, en particulier les primates : les cinq familles de primates malgaches, toutes les familles de lémuriens endémiques, sept genres endémiques de rongeurs, six genres endémiques de carnivores et plusieurs espèces de chiroptères y sont représentés. Sur les 123 espèces de mammifères non volants de Madagascar (dont 72 sont sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées), 78 sont présentes à l’intérieur du bien. L’importance critique du bien est encore renforcée par le fait que la déforestation n’a laissé, dans l’est de Madagascar, que 8,5 pour cent des forêts d’origine et le bien protège des zones clés de cet habitat restant.

Tous les éléments du bien sériel sont officiellement protégés en tant que parcs nationaux et ont des plans de gestion en application. Les problèmes de gestion clés sont le contrôle efficace de l’empiétement agricole et de l’exploitation des ressources (exploitation du bois, chasse et exploitation minière de gemmes). Pour résoudre ces problèmes, il faudra appliquer des stratégies de gestion claires et coordonnées afin de gérer les éléments de ce bien sériel comme une seule et unique entité. Une planification et une gestion coordonnée de ce bien sériel avec les aires protégées et les corridors forestiers adjacents sont également requises et, pour cela, il faudra obtenir des ressources financières et humaines additionnelles. Il existe une possibilité d’extension du bien pour inclure des aires protégées et des corridors forestiers adjacents dès que ces éléments rempliront les conditions d’intégrité.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 21 Octobre 2010