Trop d’importation de produits comme les savons et les couvertures risque de tuer les industries locales qui travaillent dans ce secteur. Ce problème devrait être résolu via les dispositifs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). C’est ce que le chef de service des relations multilatérales et bilatérales au ministère du Commerce, Emmanuel Rakotondramavo a expliqué hier lors de l’ouverture du séminaire national sur l’état des négociations ainsi que les mesures correctives commerciales qui se tient à l’Espace Dera du 19 au 22 octobre 2010.

Parmi les dispositifs de l’OMC, on peut citer la mesure de sauvegarde. Elle permet de protéger la production locale d’une importation massive. Concrètement, elle peut se matérialiser par la limitation de la quantité importée et par la révision à la hausse des taxes aux frontières. En règle générale, l’OMC interdit une telle mesure. Mais la sauvegarde est une mesure exceptionnelle qu’elle autorise. En tant que telle, elle ne se met pas en œuvre du jour au lendemain. Il faut suivre de longues démarches pour démontrer l’existence d’une importation massive, l’obligation pour les industries touchées de licencier du personnel, la baisse de leurs ventes liée à l’importation massive…

Tout cela nécessite du temps, environ 8 ans, et bien sûr de l’argent. Mais le coût devient encore plus élevé quand il faut également compenser les entreprises touchées par les mesures de sauvegarde. Bref, la mondialisation assortie de la libéralisation des échanges régie par l’OMC est encore loin de profiter aux pays pauvres comme Madagascar qui n’a pas les moyens de protéger ses produits de l’invasion des produits importés. Pire, elle affaiblit et risque même de faire disparaître des industries et donc des emplois, des revenus, de la valeur ajoutée, etc. A part la mesure de sauvegarde, le séminaire animé par des experts envoyés par l’OMC permet aussi d’aborder les mesures anti-dumping, les subventions et droits compensateurs. Ce séminaire entre, en fait, dans l’assistance technique fournie par l’OMC dont bénéficient les pays membres comme Madagascar qui en ont besoin pour la mise en œuvre des accords de l’OMC qu’ils ont signés. Cette assistance est nécessaire puisque les accords ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre. Il faut juste se référer à la mesure de sauvegarde pour s’en convaincre.

En ce qui concerne la balance commerciale de Madagascar, elle a été toujours déficitaire. Mais au ministère du Commerce, l’on souligne qu’elle ne l’est pas sur certains produits comme la vanille. C’est évident puisque Madagascar est le 1er exportateur de vanille dans le monde. Sinon, la promotion de l’exportation exige encore plusieurs actions dont la diversification des produits et des marchés, la réorientation des représentations malgaches à l’étranger autour de la promotion commerciale, la sensibilisation de tous les acteurs autour de la qualité… Tout est encore à faire mais tout est également question de volonté politique.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 20 Octobre 2010