Les dommages causés par les cyclones constituent d’énormes pertes. En 2008, elles ont été évaluées à 333 millions de dollars dont 127 millions, soit 38%, ont concerné le bâtiment. Le renforcement de la résilience de la communauté est ainsi nécessaire par la mise en place d’infrastructures d’habitation répondant aux normes en vue de réduire les risques.

Madagascar n’est jamais épargné par les catastrophes naturelles chaque année. Le pays figure au premier rang des pays les plus fortement exposés aux cyclones en Afrique, à raison de trois à quatre cyclones de forte intensité annuellement. Le pays présente également un risque de mortalité élevé face aux catastrophes naturelles avec 24,8% de la population vivant dans des zones à risque.

En moyenne, 4% des constructions sont endommagées par les cyclones chaque année, affectant près de 191.400 personnes perdant leurs maisons d’habitation surtout dans les zones à risque. Les dégâts ne cessent de prendre de l’ampleur d’année en année surtout face au changement climatique qui risque de compromettre divers secteurs d’activités dont l’éducation, la santé et l’agriculture. Tout cela sans négliger la recrudescence des incendies, la menace de l’invasion acridienne.

Résilience des villes

Pour pallier ces problèmes, la journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes, célébrée hier à l’espace Dera Tsiadana, a été une occasion pour mettre l’accent sur le renforcement de la résilience des villes. « Les villes résilientes face aux catastrophes naturelles et autres crises », tel est le thème de la célébration marquée par une conférence-débat à l’espace Dera Tsiadana co-organisée par le Bureau national de la gestion des risques de catastrophes (BNGRC), la Cellule de prévention et de gestion des urgences (CPGU) et l’UN-Habitat.

Aujourd’hui, l’aménagement urbain exige plus de prévoyance et d’attention face aux risques de catastrophe. Des maisons, des écoles et des hôpitaux mal construits, situés dans des zones inondables, sur des failles sismiques ou le long de pentes fragiles, exposent des millions de personnes à des catastrophes qui peuvent être évitées. Et ces catastrophes représentent également des milliards de dollars en dommages matériels dont seule une infime partie est couverte par les assurances. D’où la nécessité de lancer un appel à tous les acteurs concernés à s’investir pour soutenir les maires et les citoyens dans leurs efforts pour rendre leurs villes plus sûres face aux catastrophes.

Une campagne mondiale intitulée « Pour des villes résilientes » a été lancée au mois de mai dernier et plus de 120 villes s’y sont jointes. Il s’agit d’un engagement sur une liste de dix points essentiels qui constituent des solutions pour réduire les risques de catastrophes.

Extrait Les Nouvelles – jeudi 14 octobre 2010