Les autorités de l’aéroport international Suvarnabhumi de Bangkok, en Thaïlande ont saisi ce samedi 9 octobre un transfert illicite de 217 tortues radiées et une tortue à soc, portant ainsi en un peu plus d’une semaine un deuxième coup aux trafiquants tentent d’introduire dans ce pays des espèces rares et menacées.

Les agents du Bureau d’investigation et de répression des douanes royales thaïlandaises et les autorités de la CITES à l’aéroport ont retrouvé sur le carrousel à bagages deux valises où avaient été cachées des tortues considérées en danger critique d’extinction.

Ils ont également arrêté l’homme malgache de 39 ans qui avait transporté les valises de Madagascar à Bangkok, en passant par Nairobi sur un vol Kenya Airlines. Au moins quatre des tortues radiées ont été retrouvées mortes au moment de la saisie.

Les décès de tortues et les faits de contrebande sont tragiques en eux-mêmes, mais la situation aurait pu être encore pire si les autorités thaïlandaises n’avaient pas agi de façon rapide. Toutes les espèces de tortue de Madagascar sont gravement menacées, avec la capture illégale pour la revente des animaux comme cause principale de leur déclin.

La saisie de samedi fait partie de plusieurs grandes captures similaires que la région a connu cette année. Il y a un peu plus d’une semaine, les mêmes autorités thaïlandaises ont arrêté un pakistanais de 44 ans qui tentait d’introduire clandestinement dans le pays 1440 tortues étoilées indiennes et un crocodile Gavial emballés dans quatre valises. C’était la deuxième fois que cet individu était arrêté.

En Juin, des centaines d’exemplaires de la même espèce rare de Madagascar avaient été trouvés dans une valise à l’aéroport international de Kuala Lumpur, tandis ce qu’en Juillet deux femmes malgaches ont été emprisonnées pour la contrebande de centaines de tortues en Malaisie.

Le commerce des tortues est dévastateur des populations sauvages. Une étude récente du WWF révèle qu’au moins un millier de tortues terrestres sont illégalement extraites du sud de Madagascar chaque semaine.

« Les tortues à soc en particulier, sont extrêmement vulnérables et le commerce illicite a réduit leur nombre à quelques centaines », a déclaré Chris R. Shepherd, directeur régional adjoint de TRAFFIC Asie du Sud-Est. La longue exploitation de l’espèce et la perte d’habitat ont réduit sa zone de présence à cinq zones isolées représentant seulement 12 kilomètres carrés. En conséquence, on dénombre seulement environ 200 animaux sauvages de ce type. Les deux espèces de tortues saisies par les autorités thaïlandaises sont inscrites à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore (CITES) et sont interdits de commerce international.

Extrait Madagascar Tribune – mardi 12 octobre 2010