Plus, d’après les données d’une étude qui a été financée par l’International Land Coalition (ILC), dans le cadre de l’initiative « Pressions commerciales sur les terres », et le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad) ; il est rapporté, surtout, que  deux modèles semblent aujourd’hui s’opposer. L’un repose sur la venue d’investissements privés nationaux et étrangers pour créer des activités agro-industrielles en partie tournées vers l’exportation dont on espère des effets sur l’aménagement du territoire susceptibles de favoriser la croissance économique. L’autre se base sur la promotion de l’agriculture familiale et vise à renforcer la sécurité alimentaire par la protection des droits existants et un ensemble d’actions publiques de soutien des exploitations agricoles.

La réalité montre que ces deux modèles coexistent et ne vont pas disparaître dans l’immédiat. L’essentiel de la population malgache vit de l’agriculture familiale, qui a façonné depuis des siècles des terroirs dans des contextes physiques très variés, ce qui atteste de la faculté d’adaptation des sociétés paysannes. Mais il faut aussi reconnaître, peut-on toujours lire dans l’étude,  que les agro-industries sont présentes à Madagascar depuis la période coloniale et il est fort possible que de nouveaux investisseurs se présentent à nouveau lorsque sera clarifiée la situation politique. Madagascar ne sera pas épargnée par les stratégies d’appropriation foncière ou (selon l’angle de vue dans lequel on se place) sera intégrée aux dynamiques mondiales d’investissement qui se manifestent aujourd’hui dans la plupart des pays du Sud et de l’ancien bloc soviétique.

Aussi, de l’avis des analystes, les débats et réflexions ne doivent pas entretenir une controverse bipolaire et forcément réductrice (« pour ou contre tel modèle ») ce qui renvoie à des discours teintés d’idéologies, mais doivent apporter des éléments pour une politique de développement rural qui pourrait réussir une combinaison entre les deux modèles. Notons D’ailleurs, notent-ils, de telles combinaisons existent déjà et mériteraient d’être mieux connues.

Bref, d’après la même source, il est mentionné que l’enjeu est de mettre en relief les intérêts réciproques des investisseurs et des exploitants familiaux et de prévoir les principes et le cadre institutionnel de l’investissement agro-industriel à Madagascar.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mardi 05 Octobre 2010