« Les ressources halieutiques se tarissent ». C’est le principal message que les responsables de sociétés de pêcherie installées à Mahajanga ont voulu transmettre au ministre de la Pêche et des ressources halieutiques lorsque ce dernier a visité les sociétés Pêchexport et Refrigepêche Ouest la semaine dernière. Mais il ne suffit plus aujourd’hui de se lamenter, l’essentiel est de trouver des solutions.

Ainsi, la Pêchexport, société exportatrice de crevettes et de crabes, n’arrive plus à honorer le quota de produits à exporter à cause de l’insuffisance de la production qui a chuté de 500 tonnes à 100 tonnes par an. La Réfrigepêche Ouest rencontre un problème similaire à propos du tarissement des ressources halieutiques.

Cela n’a rien d’étonnant car tous les exploitants de ces ressources n’ont jamais considéré que ce sont quand même des ressources épuisables bien qu’elles soient renouvelables. Et la vente à outrance de licences de pêche à une certaine période n’est pas de nature à améliorer la situation.

Tout compte fait, cela n’a vraiment rien de nouveau tout comme les propositions de solutions avancées par le premier responsable des ressources halieutiques. En effet, parmi ces propositions, on notera la sensibilisation de tous les exploitants. Cela risque d’être insuffisant car il y a toujours eu un véritable dilemme pour les responsables de la pêche.

D’un côté, les pêcheurs artisanaux se plaignent que leurs prises soient de moins en moins conséquentes car les bateaux de pêche industrielle ratissent la mer jusque près du littoral. De ce fait, ils doivent aller de plus en plus loin au large. Ce qui n’est pas sans danger. De l’autre côté, les pêcheurs industriels accusent les pêcheurs traditionnels d’utiliser des engins de pêche qui empêchent les ressources halieutiques de grandir ou de se reproduire.

Si vraiment, les produits halieutiques se tarissaient, il aurait fallu depuis longtemps y penser et trouver des solutions adéquates (mise en place de différentes fermes d’élevage de ressources halieutiques variées comme il en existe dans la crevette).

Extrait Les Nouvelles – lundi 4 octobre 2010