A 5 ans de la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en 2015, le monde est encore loin de les atteindre, bien au contraire, on assiste aujourd’hui à un ralentissement quasi-général des progrès au regard des OMD dans les pays où, justement, il est capital de les voir se concrétiser. Les pays africains qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté, figurent parmi ceux qui connaissent davantage de difficultés. En effet, l’Afrique est au point mort, ou presque, car après des progrès fort encourageants au début de l’instauration des OMD, le continent se trouve depuis quelques années dans une situation difficile, subissant de plein fouet les impacts de la crise économique mondiale. Le tout récent rapport de l’ONU et de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publié à l’occasion du sommet sur les OMD qui a débuté cette semaine, le confirme : l’Afrique patauge. De leur côté, les pays riches qui ont « promis » en 2005 de doubler leurs aides en faveur du continent africain jusqu’en 2010, risquent de ne pas le faire. Bien au contraire, elles ont été revues à la baisse.

Deux options. Six des huit OMD sont en rapport direct ou indirect avec la santé. Mais c’est justement dans ce domaine que les pays africains sont en difficulté. La lutte contrele paludisme, la tuberculose, le sida et d’autres maladies, a du mal à maintenir son rythme de progrès, et on assiste même dans certains cas, à un recul inquiétant. Les secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire s’essoufflent. Ceux de l’eau et de l’assainissement tardent à passer à la vitesse supérieure.
Tout ceci ne présage rien de bon pour les pays africains où les situations politques ne sont pas toujours favorables à l’instauration d’une gouvernance qui tend vers l’atteinte des OMD. Les enfants et les femmes sont les premiers à en ressentir les impacts, souvent douloureux. Malheureusement, la pauvreté, facteur commun de ces ralentissements, voire, ce recul observé dans divers domaines du développement s’incruste dangereusement. Le sommet sur les OMD qui se tient actuellement à New York est l’occasion de mesurer le chemin parcouru. On s’en doute : les conclusions sont plutôt décevantes, malgré quelques résultats encourageants, car les OMD ont déjà permis l’amélioration des conditions de vie de centaines de millions de personnes. L’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, dans sa déclaration à l’occasion de ce sommet sur les OMD, confirme une tendance générale : « Plusieurs donateurs importants ont déjà réduit leurs engagements ou relâché leurs efforts en faveur du développement ». Deux options se préciseront dans les résolutions de ce sommet : soit un bond en avant, concret et réalisé sans délai en faveur d’une mobilisation de davantage de ressources financières pour l’atteinte des OMD, soit une promesse d’engagement de la part des pays les plus riches, comme cela a déjà été le cas par le passé, mais dont la concrétisation tarde à se traduire en résultats tangibles et « chiffrables » sur le terrain…
Extrait Midi Madagasikara – jeudi 23 septembre 2010