Le palais des Sports et  de la Culture à Mahamasina abritera le  salon des métiers du tourisme et de l’hôtellerie ce jour et demain. Le but est de faire la promotion du secteur et de sensibiliser ainsi les jeunes que le tourisme présente encore un bel avenir devant lui. Certes, la situation politique instable de l’île depuis des années ne fait que paralyser le tourisme. C’est un secteur très vulnérable. Pourtant, il reste la première source de devises pour Madagascar .Rien que pour le premier semestre 2005, les recettes en devises sont estimées à 149,7 millions d’USD soit 303 milliards d’Ariary pour une durée moyenne de séjour de 20 jours pour les touristes. Mais le nombre de touristes semble encore faibles pour Madagascar, face à d’autres îles voisines. A l’instar de l’île Maurice avec  une superficie totale de 2 040 km2, elle accueille un million de touristes par an contre 350 000 touristes pour Madagascar qui a une superficie de 587 000 km2.

La capacité d’accueil et la potentialité ne présentent aucune  défaillance pour la grande île mais les limites se situent plutôt au niveau de la politique pas encore définie pour que le secteur puisse s’avancer, au niveau du manque de structures, d’infrastructures, d’enseignement, de formation, de partenaires et d’expériences. Viendra s’ajouter à cela l’insuffisance des compagnies aériennes. «Beaucoup d’acteurs dans le monde touristique ne maîtrisent pas leur travail jusqu’au bout des doigts. Et nombreux sont ceux qui passent à la formation sur le tas. Les diplômes ne suffisent pas pour atteindre un certain degré d’efficacité mais il faut des expériences. Et vice versa. Mais ce n’est pas pour autant que les acteurs directs du secteur, perdons espoir. Beaucoup reste à faire dans ce monde  » explique Elyane Rahonintsoa, manager de Tranovola. Pour un aperçu global de la situation du tourisme à Madagascar, quelques statistiques révèlent en effet, l’instabilité des flux des mouvements des touristes.

En 2002, lors de la grande crise économique, Madagascar a accueilli 61 674 touristes. Un chiffre qui est passé de 139 230 à 228 784 de 2003 à 2004 pour terminer en 269 980 lors du premier semestre de l’année 2005. Le Ministère malgache de la Culture et du Tourisme à l’époque recense 932 établissements hôteliers pour 10 847 chambres dont la majorité sont de petites structures. Des chiffres très encourageants mais qui font toujours face à des risques dès que des conjonctures politiques se pavanent dans les airs. La crise de 2009 a frappé fort. Lors du premier semestre, le nombre de touristes ne  s’élève qu’à 60 000. « Par rapport à 2008, le nombre des touristes a diminué de 50% en 2010 et de 70% entre 2008 à 2009.

On a un taux d’occupation de 30% pour l’hôtel depuis janvier si il a n’a été que 20% en 2009. A 70%, les touristes d’affaires restent dans la capitale et à cause de la situation du pays, ils ne préfèrent pas venir » a-t-elle martelé.  Par ailleurs, on recense 85 000 touristes pour le premier semestre de cette année. « Le secteur commence à décoller maintenant. C’est dans cette optique que les participants ont décidé de prendre les choses en main. Déjà hier, avec la participation des toutes les parties prenantes et dans le cadre de la journée mondiale du Tourisme et du 400ème anniversaire de la ville d’Antananarivo, une conférence-débat sur le thème : « Les métiers du Tourisme et de l‘Hôtellerie et de la Restauration » s’est tenue dans les locaux de la Chambre de Commerce Antaninarenina. L’idée reste le même, promouvoir le tourisme à Madagascar.

Extrait La Gazette de la Grande Île –  Jeudi 23 Septembre 2010