La pêche en mer assure normalement une autosuffisance et des possibilités de revenus par la vente des produits de la mer. Malgré la mer, et en partie à cause de ses aléas, la sécurité alimentaire est fragile, faute de diversification alimentaire, d’auto production d’autres aliments que le poisson et fruits de la mer et faute d’accès aux marchés, magasins et autres lieux d’échange. Alors qu’il y a quelques décennies encore, des relations de troc existaient avec les villages agricoles de terre ferme, celles-ci se sont réduites à peu de chose en raison de la monétarisation croissante de l’économie et de l’attraction plus grande des marchés urbains pour les producteurs agricoles.

Paradoxalement donc, selon les analyses de Louvain Coopération au Développement ASBL, il est indiqué, surtout, que les pêcheurs disposent d’un potentiel économique important mais ne l’exploitent qu’au fur et à mesure de leurs besoins immédiats et par des méthodes traditionnelles peu productives. Ce potentiel économique est chaque jour fragilisé par la pêche industrielle pratiquée par des navires usines étrangers.

Les populations du littoral ont été longtemps laissées, selon toujours la même source,  en dehors des circuits d’aide et même, plus largement, en dehors des circuits administratif, économique, associatif et social. C’est pourquoi les infrastructures d’eau potable, scolaires, de santé et autres sont rares et généralement assez distantes. La majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, est analphabète et/ou peu instruite, et dispose d’un accès limité aux services publics, privés et aux moyens de production. La non organisation ou désorganisation des acteurs économiques et des filières liée à une pression croissante sur les ressources met en péril les capacités des populations à vivre comme elles l’ont toujours fait. Le manque de services financiers adaptés et de suivi empêche ces populations de saisir les opportunités de développement. De plus, le manque partiel de concepts et de stratégies spécifiques au littoral et au secteur de la pêche en particulier rend la mise en oeuvre de pistes d’actions coordonnées et concertées difficile.

Extrait La Gazette de la Grande Île –  Mardi 21 Septembre 2010