Les baleines à bosse, Megaptera novaeangliae, est le mysticète le plus étudié et observé. Il est surtout connu pour ses acrobaties aériennes comme les sauts, les frappes de caudales et de rostre. De tels comportements arrivent à tout moment de l’année pour diverses raisons et dans une vaste gamme de fonctions : pour jouer, communiquer, se débarrasser des parasites, également comme signe d’excitation et d’énervement.

 De nombreuses études ont été effectuées dans le monde entier sur la biologie, l’écologie, le comportement et la conservation de la baleine à bosse.

Néanmoins de nombreuses questions demeurent comme, par exemple, le comportement avant, pendant et après une naissance. Plusieurs histoires de naissances ont été “rapportées” par des pêcheurs dans le monde entier et seulement très peu à Sainte Marie.

La certitude que les baleines à bosse donnent naissance dans le canal de l’île Ste Marie est arrivée le 30 août cette année 2010 lors d’un “safari baleines” (Whale watching) organisé par notre partenaire CétaMada, le Princesse Bora lodge, avec à son bord 10 touristes, le capitaine (skipper) et une biologiste marine vénézuélienne travaillant pour Céta -Mada . Le premier contact débute avec un groupe de 6 baleines à bosse d’adultes nageant en parallèle à la côte ouest.

Après 40 minutes, 2 autres bateaux d’observation, le Maningory et la Varangue, également membres Cétamada, se sont joints à l’observation.

Il nous a fallu quelques minutes pour re-localiser tous les individus du groupe de baleines, nous avons vu une tâche rouge sur la surface de l’eau, juste 7 km face au récif corallien de l’île aux Nattes. Nous réalisons que c’est du sang.

Exactement 3 minutes après un baleineau a surgi pointant son rostre pour prendre son premier souffle. Les membres de l’association prirent le contrôle de la situation, et ont demandé aux bateaux « touristiques » de libérer l’espace des baleines afin qu’ils puissent continuer à collecter les données scientifiques. La nouvelle mère, son baleineau et leurs escortes ont été observés uniquement par un groupe d’experts notant les données importantes.

Ce type d’informations n’a encore jamais été rapporté (uniquement quelques minutes après une naissance).

Une note scientifique va être envoyée à un magazine spécialisé. Elle expliquera, avec données scientifiques, l’observation faite par l’équipe Cétamada, avant, pendant et après la naissance. C’est la première fois qu’un tel document sera rédigé pour aider à comprendre des comportements possibles associés au moment crucial de la naissance et l’étape la plus vulnérable des mammifères : les premières heures à l’extérieur de l’utérus de la mère.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Samedi 18 Septembre 2010