Plantes médicinales et remèdes de grand-mère comme alternative en cas de petits ennuis de santé. Nombre de Malgaches renoncent à consulter en cas de légers maux, sauf si les consultations et les médicaments sont gratuits ou presque. C’est le cas dans les centres de santé de base. Le coût de plus en plus élevé des soins de santé et des médicaments est une des raisons pour laquelle les adeptes de la médecine traditionnelle préfèrent utiliser les plantes médicinales et les remèdes de grand-mère. Même les  simples médicaments antipyrétiques génériques sont hors de portée pour certains ménages, sauf si les pharmacies acceptent de vendre « au détail ». Cette pratique permet aux patients de n’acheter que les doses nécessaires à leur traitement et ne sont pas obligés d’acheter les boites entières de médicaments inutilement. C’est ainsi que des clients achètent trois ou quatre sachets de « Doliprane », quelques comprimés de vitamines C ou encore un ou deux sachets de médicaments contre le mal d’estomac.

 Top 5. On sait que 75% des Malgaches, et davantage dans les zones rurales, ont recours régulièrement à la médecine traditionnelle pour se soigner. L’absence ou l’éloignement des structures sanitaires dans les zones les plus reculées explique, en partie cette réalité. Les tradipraticiens dans ces localités affirment sans hésitations pouvoir guérir presque toutes les maladies et nombreux sont les patients qui leur font entièrement confiance car ont été soignés ainsi depuis des années. Quant aux remèdes de grand-mère, ils sont souvent utilisés en premier recours en cas de rhume, de toux ou autres maux. Citrons, miel, gingembre, navets ainsi que quelques autres plantes médicinales arrivent en tête des « produits » les plus utilisés pour composer ces remèdes.

Dosage au pifomètre ! Mais la médecine traditionnelle et les remèdes de grand-mère n’arrivent pas toujours à bout de tous les ennuis de santé. Depuis les étapes de « formalisation » de la médecine traditionnelle auprès du ministère de la Santé, il y a quelques années, des tradipraticiens ont été encouragés à orienter leurs patients vers les hôpitaux lorsque la médecine traditionnelle a montré ses limites. Cette recommandation ne se traduit pas toujours dans la réalité, car les patients eux-mêmes refusent parfois la médecine moderne et ne se laissent convaincre de consulter un médecin que lorsque la maladie est arrivée à un stade avancé. Bien souvent, malheureusement, il est déjà trop tard.

Mais la médecine traditionnelle commence depuis quelques années, à dépasser ce stade de tâtonnement où le dosage au pifomètre fait peur aux plus réticents. L’existence d’entreprises qui exploitent les plantes médicinales permet d’avoir accès à des produits améliorés et parfaitement aux normes. Ceux-ci sont ainsi de plus en plus recherchés, pour leur qualité et leur coût abordable.

Extrait Midi Madagasikara – mercredi 15 septembre 2010